Serge Proulx

Parution : Orwell a-t-il vu juste ?, Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1986, p. 83-99.

Serge Proulx aborde 1984 en tant que « chercheur concerné par le développement présent des systèmes et des technologies d’information et de communication ». Il croit intéressant de le relire aujourd’hui, ne serait-ce que parce qu’il nous force à nous interroger sur les tendances sociales actuelles de nos sociétés. Conscient que ce roman, au moment de sa parution, ne se voulait pas une prophétie, mais bien plutôt un avertissement et une satire, l’essayiste se résout néanmoins à comparer l’univers des communications imaginé par Orwell avec la réalité des systèmes actuels de communication. Il retient trois aspects qui agissent sur la structure sociale : la généralisation de la surveillance sociale, l’information comme instrument au service du Pouvoir et la perte de la mémoire collective.

Proulx estime que la fiction d’Orwell est dépassée sur chaque plan en raison de la découverte de la microélectronique que l’écrivain britannique n’avait pas prévue. Cette révolution technologique a provoqué une formidable mutation sociotechnique qui rend potentiellement possible l’avénement de la société orwellienne. À titre d’exemple, Proulx se demande si la publicité sociétale ne constitue pas finalement une forme moderne et sophistiquée de la propagande. Il souligne aussi le problème de la vulnérabilité du support magnétique et celui de la désinformation qui menacent la mémoire individuelle et collective.

Source : Janelle, Claude, L'ASFFQ 1986, Le Passeur, p. 169.