À propos de cette édition

Éditeur
Marie-France
Titre et numéro de la collection
La mangeuse de lune
Genre
Science-fiction
Longueur
Novella
Format
Livre
Pagination
187
Lieu
Montréal
Année de parution
1998
ISBN
9782891683333
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Dans un Montréal postnucléaire et essentiellement souterrain, le clivage entre les classes sociales est si marqué que l’ascension sociale semble devenue impossible. Il n’y a plus que deux groupes : ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en ont pas. Stavie (alias la Taupe) mène la vie d’une jeune de son âge tout en se demandant ce qu’elle fera plus tard. Sa mère, toute à son travail, est presque absente de son existence. Constatant qu’une de ses connaissances, le chômeur Colôde, désire offrir une rose (fleur à peu près introuvable) à celle qu’il aime, Stavie décide d’aller en subtiliser une au Biocomplexe qui est situé à l’autre bout de la ville. Pour ce faire, elle demande l’aide de son copain Axel, orphelin des Abris publics.

Grâce à leur connaissance intime du Montréal souterrain (elle ne s’appelle pas la Taupe pour rien), ils empruntent tunnels de métro désaffectés et passages connus d’eux seuls, progressant rapidement grâce à leurs léviplanches. Surpris par des travailleurs, ils remontent un instant à la surface pour semer leurs poursuivants. Ils sont malheureusement surpris par la prof de mathématiques de Stavie. Eolie Leduc les amène chez elle, dans sa maison, et les laisse là sous la surveillance de l’ordinateur.

Par l’intermédiaire d’un jeu de réalité virtuelle, Stavie se met en contact avec un de ses copains et apprend qu’il existe dans le sous-sol de la maison un passage vers les souterrains. Ils faussent compagnie à madame Eolie pour reprendre leur route. En chemin, ils rencontrent les « vampires » de Montréal et leurs « victimes » (chômeurs et autres rejetés qui sont payés pour se laisser extraire du sang). Une fois au Biocomplexe, Stavie réussit à s’introduire dans le dôme qui contient le jardin botanique. Devant les roses, un sentiment nouveau naît en elle et elle hésite soudain à en couper une. Les fleurs sont trop belles.

Mais l’aventure n’a pas été vaine. D’abord, parce qu’elle trouve une solution au problème de Colôde : il lui suffira de commander des graines directement du Biocomplexe. Ensuite, parce qu’elle a découvert par la même occasion quel est son véritable but dans la vie : reverdir Montréal.

Commentaires

Jean-Louis Trudel, on le sait, écrit depuis plusieurs années une vaste histoire du futur dont il nous livre par bribes les éléments. En 1995, l’auteur nous avait offert Les Voleurs de mémoire qui nous présentait de cette histoire un fragment du proche futur. Ce nouveau roman jeunesse se déroule dans le même univers. J’ignore s’il s’agit d’un roman refusé par son éditeur jeunesse habituel ou d’une commande directe des éditions Marie-France (je penche pour la deuxième hypothèse), mais le fait demeure que 13,5 km sous Montréal s’adresse clairement à un public plus jeune que celui visé généralement par l’auteur.

Autre caractéristique inhabituelle, il est écrit à la première personne. C’est, sauf erreur, une première dans l’œuvre romanesque de l’auteur. Chose certaine, malgré ses qualités, le roman semble un peu « étroit » si on le compare à son prédécesseur. Il s’agit, tout compte fait, de la relation d’une expérience personnelle qui n’a pas de répercussions directes sur le monde dans lequel vit l’héroïne. À moins que…

Dans le triste monde de ce Montréal futuriste, produit de la folie des hommes, « la Taupe » représente clairement l’espoir tenace d’un avenir meilleur. Ses sentiments et ses ambitions la portent au bien. Même le vol de la rose, projet initial de la paire d’amis, est finalement abandonné. Et la dernière phrase du récit, qui rappelle le défi de Rastignac à la fin du Père Goriot, n’est pas une phrase jetée au hasard. Elle ouvre sur l’ambition ferme d’une jeune fille de créer un monde meilleur que celui que notre siècle (ou le suivant) a légué au sien. Dans ce monde comme ailleurs, espoir et volonté restent intimement liés.

L’auteur joue bien des thèmes préférés de l’enfance (cachettes, tunnels, secrets, dissimulation, poursuites, évasions, etc.). Joie et crainte se mélangent allégrement dans le cœur des protagonistes. (Les surveillants nous surprendront-ils ? Parviendrons-nous à nous échapper ?) Bref, un ouvrage divertissant qui contient (ce n’est plus tellement coutume en littérature jeunesse) une morale pertinente.

Ah ! une dernière chose. Comme le classique du vénéré Jules Verne, le titre fait référence à la distance parcourue pendant l’expédition et non à la profondeur. Mais je me pose la question : est-ce là un titre bien alléchant ? [GS]

  • Source : L'ASFFQ 1998, Alire, p. 172-173.

Références

  • Spehner, Laurine, Lurelu, vol. 21, n˚ 2, p. 37.