À propos de cette édition

Éditeur
CEULa
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
L'Écrit primal 17
Pagination
37-44
Lieu
Sainte-Foy
Année de parution
1995
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Le narrateur fait un cauchemar récurrent à la suite d’une expérience troublante vécue sur une autoroute. Sa voiture étant tombée en panne, il s’était dirigé à pied vers la prochaine sortie. Aucune auto ne passait de son côté, contrairement à l’autre chaussée, mais quand il avait rejoint celle-ci, la circulation s’était immédiatement tarie. Le narrateur s’enfonçait graduellement dans le bitume quand un vieux Chevrolet rouge vin s’était arrêté à sa hauteur, ultime planche de salut.

Commentaires

J’étais très curieux de lire le premier texte (à ma connaissance) de Nicolas Dickner qui publiera par la suite son premier livre, le recueil de nouvelles L’Encyclopédie du petit cercle, en 2000. Un livre qui m’avait vraiment séduit.

« À la surface de l’autoroute » est un texte de jeunesse, écrit à vingt-deux ans, qui témoigne déjà de la maîtrise du propos et de la force évocatrice de l’écriture de Dickner. Il s’agit d’une méditation sur le sens de la vie, une prise de conscience du caractère éphémère et dérisoire de l’existence humaine : « […] un grain de sable infime dans la plage ».

Le côté dérisoire des actions de l’Homme tient dans cette image de l’autoroute, symbole de la modernité et de la « domestication » de l’environnement, qui, paradoxalement, se transforme en élément naturel : un grand fleuve, une mer dans laquelle se dissout l’identité humaine. L’autoroute agit comme un fossile qui conserverait la trace des âmes humaines. C’est du moins ainsi que le protagoniste perçoit mentalement son expérience qui le plonge dans une atmosphère apocalyptique à dimension réduite.

On n’est pas ici dans le délire mais bien dans un cauchemar éveillé qui associe vie moderne et dépossession de son âme. Je crois qu’on peut lire dans le texte de Nicolas Dickner une critique voilée du matérialisme de la société actuelle et une constatation de l’irrémédiable solitude rattachée à la condition humaine. [CJ]

  • Source : L'ASFFQ 1995, Alire, p. 72-73.