À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Un extraterrestre se réveille, grièvement blessé, chez un couple de terriens qui l’ont recueilli après un accident de voiture hivernal. Dans la brume des réveils et torpeurs alternées, la pensée de l’humanoïde reconstitue la mésaventure du trio de délégués et de leur chauffeur terrien, le dérapage sur une chaussée glacée, le fait que le narrateur soit seul survivant, sans toutefois qu’on sache pourquoi son sort se trouve entre les mains de simples civils incapables de communiquer avec lui, et ignorants de sa physiologie.
Il meurt.
Commentaires
Narrée en « tu », dans un français impeccable, voilà la deuxième nouvelle d’une bibliographie qui n’atteindra hélas ! jamais la dizaine de titres. Richard Tremblay parvient à bien rendre la nature lancinante de la douleur, l’écoulement vaseux du temps, le sentiment d’impuissance dans un corps brisé (très similaire au corps humain, d’après ce que peut glaner le lecteur). Le narrateur évoque ses collègues ou camarades tués, sa conjointe et sa fille présumément restées sur leur planète d’origine. Mais on ne saura rien de sa mission (consulaire ?), de l’état du monde au moment des faits (hormis qu’il s’agit d’un futur assez proche pour ne différer en rien du présent), ni surtout des circonstances qui font qu’aucune instance organisée (police, paramédics) n’intervient à la suite d’un grave accident survenu en plein jour et impliquant une délégation extraterrestre.
La couleur de son sang (jaune) est présentée comme une révélation-clé dans les derniers paragraphes, mais n’éclaire en rien l’intrigue, sauf pour confirmer l’impuissance des braves (et bons) samaritains qui l’ont recueilli. [DS]
