À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Thomas Latendresse est un adolescent qui suscite l’admiration de tous, et parfois la jaloulie, en raison de son intelligence, de ses capacités physiques et de ses dons. Hector, le narrateur, se lie d’amitié avec lui au collège et gagne sa confiance au point où Thomas lui révèle l’origine de sa nature exceptionnelle.
Commentaires
La vraisemblance de l’histoire racontée par Charles Lorenzo étant nulle, on ne décevra pas un éventuel lecteur en dévoilant ici le secret de Thomas. Celui-ci ayant été victime d’un grave accident de moto, son père, réputé chirurgien du cerveau, a sauvé la vie de son fils en le transformant en homme bionique. Sans être aussi tourmenté que la créature de Frankenstein, Thomas se désole de sa différence par rapport aux autres humains et souffre de sa supériorité.
Ce malaise existentiel aurait pu être porteur d’une réflexion sur l’altérité mais l’auteur préfère s’étendre sur les exploits tant intellectuels que physiques du jeune homme qu’il rapporte en long et en large. La scène où Thomas interprète les visions de trois jeunes filles à la suite d’une expérience de dissociation du corps physique et du corps astral est particulièrement pénible puisqu’elle verse dans la psychologie à deux sous. On songe à la série ésotérique Dan Rixes qu’Alain Marillac a publiée entre 1989 et 1992 mais Marillac faisait preuve au moins d’une certaine maîtrise de l’écriture.
La nouvelle de Charles Lorenzo, sous ce rapport, est lamentable. Le style ampoulé qui recherche l’effet poétique, les dialogues qui manquent cruellement de naturel, l’emploi à mauvais escient de certains mots (« Ses auditrices purent juger de son charisme à lire dans les consciences. »), l’incapacité de l’auteur à utiliser les temps de verbe appropriés – dans un même paragraphe, il passe de l’imparfait au passé composé, puis au passé simple –, tout signale l’incompétence de Lorenzo.
S’il n’y a rien d’original dans ce récit où sont dévoilées ses sources d’inspiration télévisuelles – L’Homme de six millions et La Femme bionique –, plus déplorable est la paresse intellectuelle de l’auteur qui ne prend même pas la peine de créer un minimum d’arrière-plan. C’est comme si les personnages se déplaçaient devant un écran vert que Lorenzo avait oublié d’habiller et d’animer.
Disons-le franchement : « L’Adolescent magique » suscite un ennui mortel. [CJ]
