À propos de cette édition

Éditeur
Les entreprises culturelles
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Contes et Récits IV
Pagination
5-25
Lieu
La Prairie
Année de parution
1980
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Jean-Claude et Élisabeth, au cours d’une escale sur une petite île de l’océan Indien, sont retenus contre leur gré par des indigènes, « des loups-garous », « des sorciers », qui s’adonnent au cannibalisme. Curieusement libre de ses déplacements au sein du village, le jeune couple assiste à un rituel dans une grande hutte. Élisabeth, d’origine malgache, semble savoir de quoi il retourne et y va de commentaires explicatifs. Ils assistent à un défilé de prêtres costumés, aux sacrifices de porcs, de poules et d’une fillette, dont le sang assouvira les loups-garous et les femmes-vampires.
Il appert que les autres touristes de la croisière ont renoncé à chercher le couple, lequel s’enfuit à bord d’une pirogue trouvée, pendant une fête nocturne (Noël !), bénéficiant de la protection d’une amulette que porte Élisabeth. Le couple retrouve le navire et ses passagers mais une « tornade » cause un naufrage auquel la jeune femme ne survit pas. Établi à Madagascar en souvenir d’elle, Jean-Claude acquiert une biquette, en qui il croit voir une réincarnation de sa fiancée.

Commentaires

La cohérence – n’évoquons même pas la vraisemblance – semble avoir été le moindre des soucis de Charles Lorenzo. La croisière partie des Seychelles, emmenant une quinzaine de personnes, fait escale à « une “îlette” qui nous semble au loin une touffe d’herbe immergée dans l’océan Indien ». Cet îlot s’avérera assez vaste pour que le futur couple s’y trouve séparé des autres vacanciers ; il s’avérera porter une forêt, un grand village et sa population.
À un point de la narration, un moment plutôt bref, on est amené à penser que ce sont tous les passagers qui assistent de force au rituel nocturne des barbares, mais non, on retombe vite avec Élisabeth et Jean-Claude comme seuls témoins des libations sanglantes. Comme si l’auteur n’avait pas encore décidé, à ce point, si c’était l’ensemble de la croisière qui ne s’amusait pas, ou juste le couple infortuné ; ou comme si Lorenzo avait oublié ce qu’il avait décidé à ce propos. À défaut d’élaborer un plan détaillé, on recommande à l’auteur débutant de prendre quelques notes, quand même...
Toutefois, le plus troublant dans « Au pays des sorciers » est cette longue digression de six pages, entamée sans transition aucune, où l’auteur se livre à une chronique ethno-anecdotique, six pages d’improvisation dans lesquelles Lorenzo résume, en une prodigieuse confusion, tout ce que le monde recèle d’ésotérique. Possessions diaboliques, cercles de sorciers, morts-vivants, transmigration des âmes, les mots de cet exposé sont interchangeables, fée et succube, vampire et fantôme, univers et galaxie (car, oui, l’auteur y met un zeste de science-fiction). Les élucubrations les plus nébuleuses côtoient deux ou trois « faits » accompagnés de dates, sans doute des notes prises par Lorenzo au hasard de lectures dans la fameuse collection « L’aventure mystérieuse » des éditions J’ai Lu.
La cérémonie qui arrive au quart du texte mériterait d’être citée en entier. Mais attrapons la narration de Jean-Claude après qu’on eut cassé le cou aux poules : « Sitôt le craquement ouï, l’âme rouge sert au double emploi précité. Cet holocauste, je l’accepte. Là où je suis moins d’accord, c’est lorsqu’on s’empare d’une fillette de sept ans. Le Moloch de la sorcellerie s’enivre spécialement de cette boisson préférée. » [DS]