À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Dans un monde post-nucléaire, Procyon, un jeune bossu, parcourt les déserts en quête de l’Axe dont il entend l’appel intérieurement. Dans un campement de survivants, dont certains ont des dons particuliers grâce aux mutations génétiques, il rencontre une jeune télépathe, Célénith-pour-toujours, qui le rejoint. Aux abords d’une ville en ruines, l’Axe, un astronef techno-végétal, apparaît et les invite à procéder à leur métamorphose en êtres nouveaux. Ils se réveillent nus et lumineux et bondissent pour rejoindre les étoiles.
Commentaires
Dans cette nouvelle de science-fiction, la vision du monde après le cataclysme nucléaire est typique : lieu désertique avec de rares oasis, air vicié, villes en ruines, vie misérable et population décimée et déformée par les mutations causées par l’irradiation nucléaire.
L’appel de l’Axe semble une représentation espérée d’une transformation plus noble : une rédemption mystique qui, du stade technologique que nous connaissons, procède par une adaptation végétale pour devenir pure lumière. Cet appel à une vie meilleure n’est pas entendu par tous et plusieurs survivants n’y croient même pas. Les quelques chercheurs suivent un long chemin initiatique dans la solitude, la privation et le silence la plupart du temps.
La notion biomécanique prend une forme idéalisée : les végétaux ont envahi la technologie et s’y sont adaptés au point de tout faire fonctionner : l’astronef, en décrépitude avancée, fonctionne grâce aux connections établies par les filaments végétaux doués d’intelligence, de volonté et de mobilité. Ce sont eux qui assurent l’amélioration des « élus » de la race humaine, c’est-à-dire les êtres qui persévèrent dans leur volonté de changement et qui écoutent leur voix intérieure. La végétation s’avère précieuse. L’auteur propose une connexion entre une conscience cosmique et le cerveau humain, une forme de complémentarité.
Dans ce récit, personne n’a de certitude : le doute règne. Procyon suit les rivières et marche vers le sud-est sans savoir s’il est sur la bonne route et s’il y a réellement un Axe. Les gens qu’ils rencontrent ne peuvent pas répondre à ses questions ou nient catégoriquement l’existence de cette entité dont personne ne connaît exactement la forme. Même le vaisseau, l’Axe, lieu de transfiguration, s’interroge sur son identité, sur ses capacités et sur son rôle.
La nouvelle commence par des didascalies (en lettres majuscules) qui situent le lecteur dans le temps et l’espace. Elle se termine sur une note amusante sur les accords féminins et masculins équitables choisis par l’auteur qui précise que les participes passés, attributs et adjectifs s’accordent selon l’un ou l’autre des genres quand les deux sont concernés : « Des hommes et des femmes étaient assises autour. » (p. 6) Dans le cas où la phrase concerne une femme et un animal ou un objet, l’accord donne la prédominance à l’être féminin.
Il s’agit d’une nouvelle qui mêle hardiment les diverses préoccupations postmodernes : disparition de la vie, technologie envahissante, quête de changements, etc. L’aboutissement est positif pour ceux qui écoutent leur instinct dans ce cas. [AL]
