À propos de cette édition

Éditeur
Le Soleil
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Contes vrais
Pagination
141-159
Lieu
Québec
Année de parution
1899

Résumé/Sommaire

Célestin est marié depuis longtemps, mais Henriette la folle, son ancienne flamme, a continué à fréquenter sa maison. Madame Graindamour ne s’est jamais offusquée de ces visites jusqu’au jour où Henriette a semblé s’éveiller d’un long songe, surprise de voir Célestin si vieux alors qu’elle le pensait encore jeune, et désespérée de le savoir marié à une autre qu’elle.

Quelque temps plus tard, alors que tous les voisins sont chez Célestin pour une épluchette, Henriette disparaît. À minuit, alors que l’orage frappe et que la grange est la proie des flammes, Henriette, tel un spectre de feu, sort du bâtiment et file droit vers Célestin pour l’étreindre une dernière fois.

Commentaires

Troisième volet de la tétralogie intitulée La Maison hantée, « Le Baiser fatal » apparaît comme le plus ambigu des quatre textes qui la composent. De fait, l’auteur ne semble pas très sûr de la conduite à suivre alors qu’il doit mener à terme les histoires de Célestin Graindamour et Henriette Lépire. La bonne morale chrétienne voudrait que le pécheur de l’histoire, Célestin, qui s’est enrichi de l’or volé de Babylas, soit sévèrement puni et que la belle Henriette, qui est une victime indirecte de la témérité de Célestin et qui n’a péché en rien, soit sauvée.

Or, LeMay tergiverse et se refuse à juger aussi sévèrement Célestin. Ses vieux jours seront certes rongés par le remords et sa grange connaîtra le feu céleste, mais sans plus. Quant à Henriette, son statut de victime innocente ne lui sera d’aucun secours. L’auteur s’acharne sur son sort, la faisant émerger momentanément de sa folie pour constater l’horreur de sa vie perdue, l’immolant par le feu et allant même jusqu’à faire jaillir des flammes le spectre de la pauvre fille pour qu’elle étreigne une dernière fois, dans une scène qui n’a rien à envier aux séquences les plus sombres de la littérature gothique, l’objet de son amour perdu !

« Le Baiser fatal » apparaît donc comme un texte d’une étonnante subversion pour l’époque, mais aussi un texte où transparaît peut-être une certaine misogynie. [JPw]

  • Source : Le XIXe siècle fantastique en Amérique française, Alire, p. 118-119.