À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Après que Luc-Alexandre Davard a réussi à dérober une fameuse épée magique dans le but de poursuivre l’œuvre de son grand-père, Didier Bertin, aidé du frère de Luc-Alexandre, Paul Davard, réussit à récupérer l’épée et à la cacher en lieu sûr. Didier Bertin se retrouve dans une forêt durant un soir d’orage de l’année 1693, toujours poursuivi par Luc-Alexandre, qui est furieux de s’être fait ravir l’épée qui, à son avis, lui revient de droit.
Didier échappe de peu à la mort lorsqu’un inconnu l’avertit qu’une grosse pierre taillée est sur le point de lui tomber dessus, probablement un méfait de Luc-Alexandre. Le jeune homme, intrigué par cet homme et la forêt dans laquelle il a abouti, décide de rendre visite à son ami Guillaume Vignal pour lui faire part de cette histoire. Les deux garçons repartent alors vers la forêt, qui s’avère abriter la légendaire cité de Tirnewidd, un lieu où des événements surnaturels se produisent. Ils finiront par apprendre l’identité du fameux vieil homme de la forêt et découvriront que Luc-Alexandre pratique la nécromancie.
Commentaires
Avec La Cité inconnue, Daniel Sernine continue d’enrichir son cycle de Neubourg et Granverger ainsi que sa réflexion sur l’héritage de nos ancêtres. Comme pour les précédentes œuvres du cycle, les éléments historiques sont abordés avec doigté et le fantastique est plus diffus qu’affirmé. L’auteur prouve encore une fois à ses lecteurs qu’il sait construire des univers riches et complexes à la logique implacable. Il ne fait d’ailleurs aucune concession quant à l’utilisation du vocabulaire : il n’hésite pas à employer des termes soutenus rarement employés en littérature jeunesse, quitte à en définir quelques-uns dans des notes de bas de page.
Le roman s’adresse donc à un public averti, qui sera récompensé par une intrigue haute en couleurs et remplie de rebondissements. Plus réussie encore, à mon avis, c’est la réflexion écologique de l’œuvre : la cité inconnue, qui représente le vestige d’une civilisation celte, est saccagée par les colons, qui veulent faire croître la colonie sans égard à la destruction de la nature qui les entoure. On peut ici y voir non seulement une réflexion sur l’environnement, mais aussi sur les dommages collatéraux qu’ont subis les Autochtones après l’arrivée des colons.
Toutefois, ce quatrième roman jeunesse de Sernine m’apparaît moins abouti que les deux précédentes œuvres situées dans le cycle de Neubourg et Granverger. Pour qui aura lu Le Trésor du « Scorpion » avant ce roman-ci constatera que, malheureusement, les personnages principaux de La Cité inconnue sont relativement interchangeables avec ceux de l’ouvrage susmentionné. Rien ne semble les différencier, au-delà de leurs caractéristiques physiques. C’est dommage, car il y aurait eu matière à mettre en scène des protagonistes ayant un peu plus de failles.
En l’état, nous avons droit à des jeunes héros qui agissent en héros et qui triomphent face à des adultes aux desseins souvent dangereux. Par ailleurs, tout comme pour Le Trésor du « Scorpion », l’intrigue de La Cité inconnue est intéressante et aurait mérité d’être davantage travaillée. Plus encore, elle joue sur deux fronts, sans vraiment trouver son rythme de croisière : d’une part, nous avons la vengeance de Luc-Alexandre, et de l’autre, la découverte de Tirnewidd. Les deux parties de l’intrigue s’imbriquent difficilement, la deuxième faisant de l’ombre à la première. Le style est cependant toujours aussi fluide, mais plutôt impersonnel et explicatif.
Les jeunes amateurs d’aventure éprouveront par contre du plaisir à lire cette histoire qui, malgré tout, demeure très divertissante et de qualité. [MA]
Références
- Lafrenière, Joseph, Vidéo-Presse, vol. 12, n˚ 6, p. 54-55.
- Lamoureux, Michèle, Lurelu, vol. 5, n˚ 3, p. 15.
- Laurin, Michel, Nos livres, mars 1983, p. 35.
