À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
[9 FA ; 4 HG]
Les Collines de l'épouvante
Le Grand Écrivain
Rancune tenace
Les Chats
Le Visiteur
Amour de mer
Justice
L'Autre Rive
Le Meilleur Ami de l'homme
Le Voisin
L'Accident
Incorrigible Jenny
L'Au-delà
Commentaires
L’écriture rappelle ici Edgar Allan Poe, là Guy de Maupassant, ou bien nous croirions que telles nouvelles proprement québécoises datent des années 1940 ou 1950. Je nomme Poe, Maupassant, bien que les liens de Toufik avec le fantastique demeurent presque chaque fois très ténus. Trois ou quatre d’entre ces nouvelles ne sont absolument pas fantastiques, ne le suggèrent même pas. Le caractère fantastique ou féérique de l’ensemble demeure faible. Narrées à la première personne, la plupart des nouvelles permettent de vivre avec les personnages des effets inattendus, surprenants. Plusieurs d’entre elles ont un caractère circulaire : la fin de la nouvelle répond ou revient à ce que nous lisions au début. À l’exception de la nouvelle éponyme (celle qui donne son titre au recueil), qui fait 27 pages, les douze autres sont brèves, de deux à huit pages.
De manière générale, Les Collines de l’épouvante est bien écrit et sans grand intérêt. Cela paraît aberrant, étonnant : bien écrit et sans intérêt. Pourtant, la majorité des nouvelles sont troublantes sur le plan psychologique ou moral. Elles relèvent du thriller davantage que du fantastique ou du conte, à travers quelques thèmes récurrents : la mort, la peur, la fascination, la faute, la culpabilité. Il n’y a souvent qu’un unique élément, fort discret, qui plonge la nouvelle dans ce que nous nommons le fantastique, une plongée habile ou maladroite.
Le lecteur lui-même projette une très brève allusion à un élément fantastique commun et dont on priverait la nouvelle lue sans rien lui ôter de ses qualités et de son attrait, ni de son suspense. Par exemple, dans « Le Voisin », on nomme un vampire dans la phrase finale : on lirait cambrioleur ou rôdeur et la surprise fonctionnerait tout autant. Ou encore cette allusion à un mort revenu, dans l’esprit du personnage de « Rancune tenace », lequel personnage n’est peut-être qu’un troublé, psychologiquement, ou malade.
Bref, voilà un recueil davantage touchant que troublant, plus émouvant sur la nature humaine que sur les êtres dits fantastiques. [PG]
Références
- Janelle, Claude, Solaris 41, p. 23-24.


