À propos de cette édition

Éditeur
Prise de parole
Longueur
Recueil
Format
Livre
Pagination
308
Lieu
Sudbury
Date de parution
30 novembre 1999
ISBN
9782894231098
Support
Papier
Illustration

Résumé/Sommaire

[5 FY ; 2 FA ; 28 HG]
Pourquoi les chevreuils et les guêpes s'entendent bien
Le Loup et le renard dans le puits
Le Baril de lard
Pourquoi les ours ont la queue courte
Le Lion, la vache et le renard
Le Lion qui sent mauvais
L'Âne et le lion
Pourquoi les chiens se sentent le derrière
Pou et Puce
La Bête à sept têtes
Le Petit Cheval vert
La Chatte blanche
Ti-Jean et le perroquet
John Cook
Le Pacte avec le diable
L'Empreinte sur la colonne (conte de Noël)
Ti-sel et Ti-poivre
Tom Pouce et le gros bœuf Rouget
Le Chaudron aux écus d'or
La Neuvaine à saint Joseph
Le Peddleur à pack
Ti-Jean, voleur de mouton
Les Paris de Ti-Jean
Les Voleurs d'œufs
Une vraie belle chasse
Jean Peton
Orémus
Le Curé qui veut aller au ciel
Le Curé qui fait mouiller
La Dîme en nature et en espèces
La Vache de la mère supérieure
Deux lièvres dans le même collet
La moutonne qui agnelle tard
La Jument qui ne parle pas
Mon oncle Phrem battu aux élections

Commentaires

Le recueil d’Émile Maheu, Les Contes d’Émile et une nuit, est composé de six sections : « Comme dans le temps des animaux » (des contes animaliers), « Que d’épreuves ! » (des classiques de contes merveilleux), « Le pauvre diable » (deux contes fantastiques dans la pure tradition du XIXe siècle, mais modernisés), « Du bien drôle de monde » (des contes humoristiques ou facétieux), « Il fut un temps où les curés » (des anecdotes vantant ou tournant en ridicule cette figure d’autorité) et « Les histoires de mon oncle Phrem » (des contes illustrant le double langage d’un personnage particulièrement ratoureux).

Il y a une belle variété de récits mais force est de constater qu’il y a peu de contes fantastiques et merveilleux. Outre les deux textes mettant en vedette le diable, quatre autres contes se trouvent dans « Que d’épreuves ! », la pièce de résistance du recueil en raison de la longueur des récits. Incidemment, si « La Bête à sept têtes » fait 37 pages, c’est parce qu’Émile Maheu enchaîne deux contes qui n’ont pratiquement rien en commun. Ce n’est pas le premier conteur à fusionner ainsi deux contes. La deuxième partie, consacrée à la bête, ne s’éloigne pas de la version connue et maintes fois reprise. « Le Petit Cheval vert » et « La Chatte blanche » se conforment aussi au canevas de base traditionnel. Ce n’est donc pas là l’intérêt premier du recueil.

Quelque chose chez Émile Maheu le différencie de Marius Barbeau, du père Germain Lemieux ou d’Anselme Chiasson. Maheu est un conteur original et il livre ses contes sans intermédiaire. Son répertoire, qui comprend des contes de son père, de son frère aîné et même de sa mère, est diversifié et souvent ancré dans sa région natale, la Beauce. Il apparaît aussi que certains textes sont des compositions de son cru, notamment la section « Les histoires de mon oncle Phrem ». Ses récits sont bien construits, enlevants et rythmés. Le lecteur n’est jamais assailli par une impression de redondance ou par un sentiment de lassitude malgré la présence au sommaire de variations de contes connus. 

La qualité littéraire de ses récits est probablement due au fait que, contrairement aux conteurs peu scolarisés enregistrés par Barbeau et consorts, Émile Maheu a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en éducation. « John Cook », grand récit romantique basé sur « Le Pari à propos de la fidélité de l’épouse », que Maheu dit tenir de son père, constitue un bel exemple du talent de l’auteur puisqu’il conjugue reconstitution respectueuse et modernisation de bon aloi de la langue. Notons en outre que le travail d’édition est très soigné. [CJ]