À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Chaque année, dans les ruines d’un château-forteresse sis sur le bord du cap Diamant, au moment où les cloches appellent à la prière le soir du 1er novembre, apparaît une fine forme blanche qui demeure là, immobile, à pleurer, jusqu’aux douze coups de minuit avant de disparaître dans la brume.
Éloïse d’Évolayne était orpheline d’un soldat du régiment de Carignan qui, aussitôt libéré, se lança dans le commerce des fourrures, voulant ainsi faire fortune rapidement. D’un caractère violent, il fut tué dans une ruelle de Québec par des voyageurs qu’il avait trompés. Si sa mère était douce et pieuse, Éloïse hérita du méchant caractère de son père : fière, hautaine, cynique, cruelle, crainte de ses domestiques. Son oncle, devenu son précepteur, voulait qu’elle se marie. Ne voulant épouser aucun des jeunes gens qui fréquentait le château, elle émit l’idée qu’elle marierait le premier qui escaladerait la falaise qui mène du fleuve à son palais avec l’aide de son cheval et de sa bride.
Deux frères relevèrent le défi : Samuel et Jean Rochebeaucourt. L’aîné, Samuel, s’y risqua sans succès. Son jeune frère réussit à surmonter l’épreuve, quoique très périlleuse, au grand dam d’Éloïse. Mais un brulôt fit prendre le mors aux dents à son cheval et, en perdant pied, il dévala la falaise en entraînant son cavalier. Éloïse, sans état d’âme, attendit en vain un nouveau prétendant pendant de longs mois. Le printemps suivant, un jeune cavalier venu de France et se disant porteur d’un message spécial pour le gouverneur fut hébergé par Éloïse. Il remporta l’épreuve et révéla à Éloïse qu’il était le troisième frère Rochebeaucourt. Il lui cria toute sa haine et la maudit avant de repartir pour la France.
En lui faisant ses adieux, elle tomba dans la falaise et trouva la mort. Ainsi, tous les automnes, le soir du 1er novembre, elle lance son cri et tombe se briser sur la falaise. [DD]
