À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Klashmul, « amibe de deux pieds de diamètre », assiste à l’invasion de sa contrée par une race extraplanétaire. Il voudrait bien communiquer avec ces gens mais ils s’avèrent trop rapides pour lui. Il s’intéresse de près à leurs ordures et se retrouve dans une installation qui élimine les déchets. Pendant son séjour mouvementé (pour lui !) dans les égouts, cette colonie a le temps d’être détruite et remplacée par d’autres extraplanétaires, qui disposent apparemment d’une machine de téléportation.
Après une douzaine de trajets aléatoires à bord de ce cube rouge, il se retrouve dans ce qu’on comprend être une banlieue terrienne et est recueilli par un homme qui le croit à l’avant-garde d’une invasion. Même par télépathie, la communication est ardue, à cause de la différence de vitesses. Après avoir cru pouvoir tirer profit de cette rencontre, l’homme – entre-temps tabassé par un collecteur de dettes – jette Klashmul aux égouts. L’amibe géante se promet une vengeance à cet affront mais elle compte bien, cette fois, agir sans précipitation.
Commentaires
D’après mon maigre échantillonnage de deux textes, le créneau de Laurent Gravel est l’humour. Dans « El conquistador », les effets comiques sont générés par la différence de métabolisme. Pour un observateur externe, l’aimable et placide Klashmul est d’une lenteur quasi cosmique, « le cerveau le plus lent de la galaxie ». Pour lui, en revanche, les autres races vivent en accéléré. Lors de sa première tentative de communiquer, lorsqu’il se met en route vers le nouvel établissement qui se construit sur son territoire, Gravel raconte habilement : « Puis vint la ville. Littéralement. Elle fit la plus grande partie du chemin. »
Gravel évoque l’exaspération, voire la fureur que provoque en Klashmul l’incapacité de se faire entendre et respecter par ses éphémères interlocuteurs. Mais on ne s’inquiète pas trop de sa colère amibéenne en lisant la dernière phrase, « Et ça prendrait le temps qu’il faudrait. » [DS]
