À propos de cette édition

Éditeur
C't'un fait, Jim !
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Anakron Classiques
Pagination
17-22
Lieu
Longueuil
Année de parution
1997
Support
Papier

Résumé/Sommaire

La jeune Consuelo accompagne souvent son père, son oncle et son cousin dans leur bateau de pêche. Une fois, elle est tombée par-dessus bord, et elle a aperçu une féerie de lumières sous l’eau, comme une ville d’une beauté presque insoutenable… Aujourd’hui, la tempête menace, la pêche est plus mauvaise qu’elle ne l’a jamais été. Le filet ramène le corps nu d’un homme – vivant, muet. On le ramène chez le père de Consuelo. Demain, on l’emmènera voir le docteur du village.

En pleine nuit, Consuelo se réveille : la tempête s’est apaisée, une étrange musique se fait entendre. Consuelo se rend sur la plage ; l’étranger est là, nu, debout les bras en croix face aux vagues. Sous l’éclat de la lune, des milliers de lumières en jaillissent. L’étranger parle enfin, chantant les paroles de la mélodie. Consuelo devient capable de comprendre leur signification transcendante ; l’étranger se fond en une lumière encore plus éclatante que les autres, et toutes les lumières retournent sous les flots.

Première parution

El Fuego 1991

Commentaires

Ce texte est une preuve éclatante qu’en fantastique, l’élément crucial est l’atmosphère. Moi qui me plains habituellement du manque d’explications dans les textes de fantastique, je ne le ferai pas ici, parce que l’ambiance supplée magnifiquement à ce que l’auteur a esquissé. Les descriptions du rituel de la pêche et de l’environnement sont très riches, font appel à tous les sens et génèrent par la vraisemblance du décor la crédibilité essentielle à un texte de fantastique.

J’aimerais dire que je n’ai décroché du texte à aucun moment, mais j’avouerai que la toute fin n’a pas fonctionné pour moi. La transcendance que Consuelo atteint est trop appuyée et rompt avec l’atmosphère marine du récit jusque-là. Le style verse dans un mysticisme nouvelâgeux qui, il me semble, n’est pas du tout approprié au personnage. Parlant de style, dans le reste du texte, je trouve que Bouchard force un peu trop sur les adjectifs (surtout dans la bouche d’une fille de pêcheur), mais ça c’est un reproche mineur. Globalement, « El Fuego » est un très bon et très beau texte ; un exemple dont on devrait imposer la lecture à tous les auteurs de fantastique débutants. [YM]

  • Source : L'ASFFQ 1997, Alire, p. 36.