À propos de cette édition

Éditeur
Libre Expression
Genre
Fantastique
Longueur
Novella
Format
Livre
Pagination
139
Lieu
Montréal
Année de parution
1984
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Louis découvre, par un beau jour d’été, qu’une petite taupe a élu domicile dans sa plate-bande. Avec étonnement, il s’aperçoit qu’elle lui adresse la parole, et même avec suffisance ! D’abord intrigué, puis séduit et enfin conquis, Louis, que la taupe appelle Thomas, se soumet à tous ses caprices de diva. Orgueilleuse, digne, hautaine et de fort mauvaise foi, cette bête claustrophobe lui attire maints ennuis. Erica – et non Eulalie comme elle se plaît à le souligner – sait se faire tendre et attachante. Louis accepte donc cette minuscule présence qui bouleverse toute sa vie bien organisée de célibataire dans la trentaine rongé par la solitude.

Commentaires

Ce court roman – moins de cent cinquante pages – déborde d’imagination. Avec un sujet pourtant bien mince, Jean-Yves Soucy entraîne le lecteur à vive allure à travers les épisodes tumultueux de l’amitié d’Erica et de Louis. Comme il manie la plume avec aisance, il sait créer des situations pleines d’humour. On ne peut s’empêcher de sourire, sinon de rire franchement. Par exemple, la rencontre de la petite taupe et de l’inspecteur d’impôt, Rosaire Bernacle, et les aventures qui s’ensuivent, pourraient constituer un excellent morceau d’anthologie de l’humour québécois.

Soucy multiplie les péripéties, relance l’action et soutient l’intérêt sans défaillir. Pas de temps mort ni de redites. En dix-huit courts chapitres, l’auteur nous brosse autant de tableaux attachants et colorés où Louis est en butte aux frasques d’Erica et s’efforce sans succès de réparer les pots cassés.

On peut reprocher à l’auteur une pointe de misogynie qui peut faire tiquer le lecteur, encore plus la lectrice. Les personnages féminins sont en effet soit déplaisants, comme Erica ou Rita, la femme de Rosaire, soit de simples gourdes, comme les petites amies de Louis qui servent à rompre sa solitude. Les mâles n’y sont que victimes et Louis, Rosaire et Hector, le futur époux d’Erica, tous nous semblent faibles, sans défense, éternels sacrifiés sur l’autel du féminisme. Cette caricature chargée de la société ne s’embarrasse donc pas de nuances et souligne franchement – même parfois à l’excès – les travers humains.

Malgré cela, les phrases coulent avec légèreté dans un texte vivant, pénétré de joie, épicé de tendresse. L’humour dévastateur de l’auteur emporte les dernières réticences et laisse le lecteur tout au plaisir de parcourir ce roman. Érica se lit avec une jouissance évidente. [GG]

  • Source : L'ASFFQ 1984, Le Passeur, p. 102-103.

Références

  • Hébert, François, Le Devoir, 22-09-1984, cahier 3, p. 23.
  • Paré, François, Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec VII, p. 332.