À propos de cette édition

Éditeur
Actualité
Genre
Science-fiction
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Actualité, vol. XIII, n˚ 7
Pagination
44-47
Lieu
Montréal
Année de parution
1973

Résumé/Sommaire

Pierre Igor Kapobobski, un vieux président de banque, se trouve sans éprouver de crainte invité dans un « endroit mystérieux », comme suspendu dans le vide. Des personnages énigmatiques viennent l’y rencontrer, d’abord un boiteux pour un bref interrogatoire quant à son origine sur « la troisième planète du système solaire » (ce que ne comprend pas le banquier à qui l’on doit préciser « la Terre »). Puis est introduit un être « irréel » aux traits contradictoires (jeune et vieux, beau et laid, etc.), présenté comme le Juge. Celui-ci explique dans un long dialogue avec le vieillard que l’argent doit disparaître de la Terre, c’est inéluctable, et que le faire disparaître est l’intention d’un « nous » dont la nature n’est pas précisée (à part « la Loi Suprême »), mais qui a « tous les droits ». Le vieux banquier présente les arguments habituels, dont « cela amènera l’anarchie », à quoi l’on répond : « il vous suffira de changer le sens des valeurs ».
Kapobobski se réveille dans son lit et, à partir de ce moment, change « du tout au tout ». Il démissionne, se met à donner des conférences sur l’inutilité de l’argent, puis à distribuer sa fortune. Ses héritiers y mettent alors le holà en le faisant interner dans une maison de repos. Le narrateur l’y rencontre et le croit fou aussi, jusqu’au jour, un an après, où une terrible crise économique mondiale dévalue totalement l’argent.

Commentaires

Le titre est à première vue énigmatique si l’on a oublié l’usage populaire de « argent » au féminin. L’épigraphe d’Alexander Pope placé en tête de cette courte nouvelle, « Les fous se précipitent où les anges craignent de poser les pieds », ne l’explicite pas très clairement, du reste, le seul personnage considéré comme « fou » étant le banquier qui veut voir disparaître l’argent – et qui s’avère en effet avoir eu raison. Plus un apologue didactique qu’une fiction à proprement parler, ce texte de Normand Provencher est intéressant dans la mesure où il a recours à des tropes de genre, à la fois fantastiques et science-fictionnelles, mais surtout fantastiques (où le religieux surnage encore) pour aborder un « et si c’était différent ? » à peine esquissé à la toute fin, certes, mais néanmoins amorce de réflexion économique et sociale. [ÉV]

  • Source : Les Années d'éclosion (1970-1978), Alire, p. 324-325.