À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Un fœtus de trois mois placé en incubateur, après avoir été conçu in vitro, a conscience de lui-même et l’a toujours eue. Il raconte sa conception en laboratoire, son implantation dans l’utérus de sa mère, sa mise en incubateur, l’interruption volontaire de son développement, sa mise en bocal et sa conservation dans le formol et, enfin, une nouvelle phase de développement qu’il arrive à enclencher lui-même, malgré tout.
Commentaires
Récit bref, « Formolium » est raconté à partir d’un point de vue interne assez original : celui d’un fœtus en développement. Il contient certaines trouvailles langagières fort intéressantes, comme le « j’ai moins six mois [d’âge] » (sous-entendu avant la naissance) et il est à noter que l’autrice réussit à nous faire sentir le contexte futuriste de la diégèse de son récit avec une économie de mots assez remarquable. Malgré que le point de vue choisi débouche nécessairement sur un récit subjectif, le ton demeure détaché, factuel et plutôt froid, sans émotion tout au long du texte. Cette caractéristique est toutefois justifiée puisque le personnage-narrateur affirme ne pas connaître, ou ne pas avoir vécu, encore, les émotions.
Malheureusement, les événements qui forment la nouvelle sont beaucoup plus expliqués que montrés par des actions directes, ce qui alourdit le texte ; la conclusion échappe toutefois à cette généralisation, ce qui, incidemment, lui insuffle un certain dynamisme. Alors que l’on aurait pu s’attendre – avec la conclusion du récit couplée au personnage-narrateur – à un jugement ou un commentaire sur la procréation assistée et la néonatalogie, il n’en est rien. Le texte demeure factuel et terre à terre, sans se perdre dans les thèses pour ou contre ces procédures médicales ou encore, contre les interruptions volontaires de grossesse. [LD]
