À propos de cette édition

Éditeur
Pierre Tisseyre
Titre et numéro de la collection
Chacal - 4
Genre
Fantastique
Longueur
Novella
Format
Livre
Pagination
184
Lieu
Saint-Laurent
Année de parution
1997
ISBN
9782890516793
Support
Papier
Illustration

Résumé/Sommaire

Le jeune Antoine Rodrigue vit à Louisbourg en 1744, avec sa famille : son père marchand, sa mère prête à accoucher, ses sœurs. La nuit où sa mère accouche, au lieu de rentrer chez lui après être allé quérir la sage-femme, il va aux écuries où se trouvent les chevaux qu’il adore – il aimerait être palefrenier, ce qui scandalise son père qui compte sur lui pour prendre un jour sa succession au magasin. Il s’endort après avoir admiré une fantastique aurore boréale. En se réveillant, il trouve Louisbourg déserte de tous ses habitants et habitée par une poignée d’étrangers qui lui tiennent des discours incompréhensibles (quoique en français). Après quoi d’autres étrangers arrivent, et même des Anglais, apparemment pour visiter la ville.

Lorsque David devient le narrateur et recueille Antoine, nous comprenons que celui-ci a effectué un saut dans le temps. Avec son ami Hans, il essaiera d’aider Antoine qui veut rentrer chez lui, ce à quoi il parviendra grâce à Le Tardif, un mystérieux coureur des bois : c’est l’aurore boréale qui ouvre la porte entre les époques. Antoine trouvera même moyen de rapporter à sa grand-mère la belle tabatière volée à son grand-père, et qu’il aura retrouvée chez une antiquaire mal avenante du XXe siècle : c’est d’ailleurs cette tabatière qui mettra ses amis et lui sur la piste du voyageur temporel…

Commentaires

Ce roman pour jeunes est joliment écrit, avec une narration rapide et précise qui couvre tout le nécessaire : mystère, suspense, comique, action, émotions et même un peu de prêche anthropo-écologique, discret, lorsque David, Antoine et Hans se retrouvent parmi la tribu de Micmacs retournés à leurs coutumes ancestrales à cause des « pouvoirs » de Le Tardif qu’ils ont adopté comme shaman surnuméraire. Même dans le cadre de ce roman forcément bref, et par le jeu bien maîtrisé des changements de point de vue narratif, l’auteure réussit à nous faire partager la terreur, l’angoisse et la perplexité d’Antoine lâché dans l’univers des scooters, des bicyclettes et des Nintendos, même s’il s’adapte un peu trop vite et un peu trop bien – et retourne un peu facilement à son époque et à ses devoirs de fils…

Les deux autres personnages, David le sérieux et Hans l’amateur de SF, sont fort bien dessinés. L’auteure ne s’attarde pas beaucoup aux problèmes que pourrait rencontrer Antoine de retour dans son passé – elle se contente de nous le montrer essayant de persuader ses parents de quitter la ville avant la bataille proche dont ils ne savent rien mais dont il a lu le récit à la bibliothèque au XXe siècle. On ne songe nullement à le reprocher à l’auteure, cependant, pas plus que la fantaisie évidente de sa méthode pour voyager dans le temps : la poésie a sa propre logique et, pour de jeunes lecteurs, une aurore boréale transtemporelle n’est pas plus fantastique, somme toute, qu’un lego chromé à écrous et à boulons. Devrait-elle d’ailleurs l’être pour nous ? [ÉV]

  • Source : L'ASFFQ 1997, Alire, p. 153-154.

Références

  • Fontaine, Catherine, Lurelu, vol. 21, n˚ 1, p. 26.