À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
[5 FA ; 2 FY ; 3 HG]
L'Hiver des corneilles
L'Abeille et le crapaud
Les Paroles de fleurs
Les Trois conseils du roi
P'tit-Jean-Pain-Sec
Des voleurs le diable est l'ami
Cacholet
La Chandelle soufflée
Pipette
Finette
Autres parutions
Commentaires
Entre 1935 et 1954, Grand’mère raconte… a connu sept éditions selon le catalogue de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. C’est dire la popularité de ces récits faits pour être lus le soir, au coin du feu. Ce recueil de contes est le premier publié par Marius Barbeau qui multipliera les publications de contes recueillis auprès de conteurs qu’il a rencontrés au cours de sa carrière d’ethnologue. Quand il s’agit de contes, la paternité du récit, évidemment, est partagée entre plusieurs acteurs. Il arrive que le conteur tienne lui-même la version qu’il livre à Barbeau d’un autre conteur. En outre, il est clair que Barbeau a travaillé la forme pour qu’elle soit plus littéraire.
Le corpus de ce recueil présente une variété de contes, animalier, merveilleux, moral ou d’horreur, en passant par le conte fantastique qui met en scène le diable en personne (« Cacholet », « La Chandelle soufflée ») ou de façon métaphorique (« Des voleurs le diable est l’ami »). Plusieurs de ces contes ont paru initialement dans le quotidien Le Droit la même année. Les récits sont généralement courts, à peine quelques pages, sauf « Finette » qui relate une histoire d’horreur rappelant Barbe-Bleue.
On se rend compte à la lecture que le conte possède divers avatars, que le contenu évolue au fil des réécritures. « Cacholet » en est un bel exemple. Barbeau le reprend en 1953 dans le numéro 7 de la série Les Contes du Grand-Père Sept-Heures sous le titre « Bricolet ». On retrouve cette même histoire dans un recueil d’Anselme Chiasson paru en 1991 où le diable ici se nomme Frigolet. De même, « La Chandelle soufflée » est une version à peine différente de « La Femme plus rusée que le diable » de Charles-Edmond Rouleau publiée en 1901.
Bref, il serait davantage pertinent de considérer l’imaginaire collectif comme le véritable auteur du conte issu de la tradition orale. Marius Barbeau et ses disciples ont joué un rôle essentiel de passeur dans la transmission et la conservation de ces récits mais il serait abusif de leur attribuer le statut d’auteur. Reconnaissons toutefois à Barbeau son souci de citer ses sources : Adélard Lambert, Mme Prudent Sioui, Alexandre Poirier, Joseph Patry et Paul Patry.
Le travail d’édition du recueil est soigné, chaque conte étant accompagné d’une illustration de Phoebe Thomson. Grand’mère raconte… semble s’adresser à de jeunes lecteurs et lectrices mais, à vrai dire, le public du conte n’a pas d’âge. [CJ]
Références
- Carpentier, Paul, Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec II, p. 543-545.


