À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Un riche et excentrique chasseur a fait construire, sur sa vaste propriété, granges et maisons à multiples cheminées pour enrichir sa collection d’hirondelles de granges, hirondelles de cheminées, hirondelles de fenêtres, hirondelles de mer (bien qu’il n’ait pu faire dresser une falaise de calcaire à cet effet). Embusqué avec l’un de ses bousirondelles – fusils multifonctions dédiés à bousiller l’hirondelle, comprend-on –, le chasseur endimanché patiente des heures, jusqu’à ce qu’apparaisse sa proie, hélas trop futée. Il tirera maintes fois et ratera sa cible, perçant toutefois le ciel à chaque coup. Le ciel se videra de sa teinte bleue, qui coulera telle une lave jusqu’à recouvrir la terre, les arbustes, la maison même du chasseur. L’infortuné sera noyé dans sa propre demeure, sous un ciel saigné à blanc.
Commentaires
Quelque part entre Sol et Raoûl Dugay, la prose légère et ludique de François Jobin extrait le jus de quelques idées, celles entourant le vol, par exemple. Sans s’appesantir : un paragraphe suffit, comme celui autour d’« un ange passa ». Un paragraphe autour du vieil aigle (Napoléon Bonaparte et ses emblèmes ; incultes s’abstenir). Un passage à propos d’une mère cygne et ses petits « signaux » (dont un vert clignotant et un sonore). Une variation sur les tonneaux et les chandelles que décrit le vol de l’hirondelle, etc.
Des jeux de mots moins conséquents émaillent le tout, ni trop fréquents ni trop gratuits, de manière à ne pas exaspérer le lecteur. Contrairement à ce que commettaient à cette époque certains contemporains de Jobin, un récit traverse cet exercice – oui, une histoire –, rendant l’expérience de lecture agréable. [DS]
