À propos de cette édition

Éditeur
Bergeron
Genre
Science-fiction
Longueur
Novella
Format
Livre
Pagination
122
Lieu
Montréal
Année de parution
1980

Résumé/Sommaire

Samuel a douze ans. Il est très lié à Timon, qui l’appelle « petit frère », bien qu’ils ne soient pas nés des mêmes parents. Jeune homme parti des mois plus tôt à la recherche d’un autre lieu et d’autres gens, Timon n’a rien trouvé mais est devenu ce que leur société appelle un Maître, un producteur de miracles qui de nouveau repartira, cette fois pour s’isoler.
Comme plusieurs avant lui l’ont dit, à leur retour, Timon lance : Il n’y a pas d’autres terres, il n’y a pas d’autres hommes. À la suggestion de Timon, Samuel va à son tour vers un lieu nommé le Dôme de l’Héritage. Là, surpris, il retrouve Timon qui l’incite à monter sur un grand voilier, l'Envolion. Ce que fait Samuel. Sur ce voilier qu’il mène seul, un oiseau fabuleux fait sa connaissance et livre à Samuel de l’information. Sur une terre inconnue, Samuel et Long, l’oiseau bleu, tombent sur un groupe. Samuel est tué mais « renaît » ou « revit », et Long lui explique dans quel nouvel univers il se trouve et lui dit qu’un jour, Samuel sera « l’univers au complet ».

Commentaires

De l’invraisemblable, il en figure beaucoup dans ce très mauvais roman qui tient de la fable, du conte et d’un certain biblicisme. L’histoire est remplie d’allégories et de métaphores que le lecteur ne saisit pas aisément. Ainsi doit-il accepter qu’un garçon de « dix printemps », sans formation ni connaissance préalable, conduise un immense voilier. Qu’il s’envole, s’il le faut, comme les font les oiseaux, sans savoir comment. Que ce même garçon meure et renaisse. Qu’il ait la sagesse requise pour échanger avec des hommes âgés. Qu’à cela ne tienne, le lecteur l’accepte. Cela dit, le même lecteur est tenu à un effort de compréhension d’un récit qui repose sur des personnages éthérés, une intrigue décousue et une quête sans clarté aucune. L’ensemble de cette utopie romanesque déborde de charabia philosophique, métaphysique et spirituel :
« — Dis ! demande Samuel, as-tu une âme ?
L’homme regarde l’enfant qui ose lui poser une telle question. Il se baisse à sa hauteur :
— Et toi mon fils, as-tu une âme ?
— Non ! Moi non plus je ne possède pas d’âme. Mais c’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui en est conscient et qui, en plus, traîne un nuage d’air pur avec lui. » (p. 92)
Ce n’est qu’un exemple qui, hors contexte, ne précise rien. De tels échanges, le récit en abonde. Leur présence ne sert qu’à exprimer des perspectives sur le savoir et le non-savoir, sur nos idéaux, le bien et le mal, dieu et le diable, nos besoins, bref : sur nos croyances et nos valeurs. La plupart de ces propos sont naïfs ; quelques-uns sont même illogiques et contradictoires – accidentellement ou volontairement ? Dur à dire.
À la fin du récit, nous réentendons qu’il n’y a pas d’autres terres ni d’autres hommes, alors que tout le récit nous en fait observer plusieurs. Ironie ? Métaphore ? Maladresse ? Énoncé ou illustration d’un paradoxe que les humains entretiennent ?
À un lecteur de quel âge s’adresse le récit de Kemp ? Disons : à un adolescent. Cela dit, je ne crois pas qu’il y aurait beaucoup d’adolescents d’aujourd’hui qu’un tel récit emballerait. [PG]