À propos de cette édition

Éditeur
Librairie Beauchemin
Titre et numéro de la collection
Laval
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Massé… doine
Pagination
80-91
Lieu
Montréal
Année de parution
1930

Résumé/Sommaire

Le lac de Waterloo a la particularité de posséder un îlot qui se déplace parfois. Depuis 1812, le phénomène s’est produit à une douzaine de reprises. Le narrateur a fait des recherches et en est arrivé à la conclusion que la cause en est un colporteur juif du nom de Samuel Laxtham mort à l’automne 1811. Au printemps suivant, le lopin de terre où reposait sa sépulture au bord du lac s’est alors détaché de la rive. Descendant du Juif Errant, Samuel aurait transmis son errance à l’îlot où il est enterré.

Commentaires

L’auteur dévoile la clé de l’énigme – selon lui – dans les deux dernières pages du récit. Entre-temps, Oscar Massé s’attarde à décrire la beauté du paysage dans ce coin des Cantons de l’Est, les débuts de la colonisation de ce territoire et les difficultés d’approvisionnement, d’où le rôle important joué par le colporteur. C’est que l’auteur est avant tout un amateur de la petite histoire locale qu’il fait revivre au moyen de sa plume poétique parfois un peu forcée. Ainsi cette tirade sur le retour des vaches à l’étable à l’heure de l’angelus du soir : « Au loin, comme un répons [à l’angelus], antiphone la clarine de l’ayrshire qui, d’un coup de muffle [sic], écartant le hallier, s’engage, le pis gonflé, dans le sentier battu qui mène vers la laiterie.»
Il existe plusieurs contes dans la littérature québécoise de la première moitié du XXe siècle qui expliquent de façon fantaisiste certains phénomènes géologiques de la nature, notamment « L’Origine du lac Belœil » d’Eugène Achard, « La Création des Mille-Îles » de Pierre Mathieu ou encore, « La Légende du Niagara » basée sur une légende amérindienne. La résolution de l’énigme proposée par Oscar Massé n’est pas moins déroutante et farfelue, ce qui ne l’empêche pas au passage de se moquer des scientifiques qui pourraient avancer une hypothèse reposant sur la science.
L’auteur élabore une explication qui met à contribution la figure du Juif Errant condamné à errer par le monde jusqu’au jugement dernier parce que le peuple juif n’a pas su reconnaître, dans le fils de Dieu, la venue du messie. Alors l’âme éperdue de Samuel Laxtham, qui se promène « entre le parvis céleste et le géhenne redoutée », trouvera le repos de même que l’îlot errant de Waterloo. [CJ]