À propos de cette édition

Éditeur
Liberté
Genre
Fantastique
Longueur
Courte nouvelle
Paru dans
Liberté 127
Pagination
83-84
Lieu
Montréal
Année de parution
1980

Résumé/Sommaire

L’œil gauche d’un homme endormi sur un banc public tombe par terre et roule calmement sur le trottoir. En s’éveillant, l’homme s’étire et se frotte les yeux, constatant alors qu’il lui manque une partie de lui-même. À œil facétieux, « propriétaire » flegmatique ! Celui-ci se penche, finit par retrouver l’égaré et reprend son chemin en riant.

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Commentaires

Sur le motif de l’autonomie d’une partie du corps, « Le Jeu » forme une sorte de diptyque avec la nouvelle qui le suit, « Au niveau du sol » (reprise ici après parution un an plus tôt à l’Atelier de production littéraire de la Mauricie) : dans les deux cas, le regard (élément personnel) est déposé par terre, sur un trottoir (chemin public), dans l’indifférence des passants. Par contre, là où la tête se découvrait des aptitudes à pénétrer leur âme, l’œil « marginal et un peu trop enjoué » affiche simplement un « air moqueur », le même que prendra l’homme en « commença[nt] ses recherches ». De plus, l’indépendance de la tête était inexpliquée, paraissait fortuite, alors que l’œil semble maître du « jeu » qu’annonce le titre.
Les diffractions fantastiques sont volontiers porteuses d’inquiétudes quant au statut des personnages, à leur identité, voire à leur existence, à leur nature même : il n’est pas facile d’être l’élément impair perdu au milieu d’un ensemble homogène. L’auteur explore ici une autre veine, sur le registre plaisant, amusé. Votre œil gauche vous quitte ; qu’à cela ne tienne, il suffit de le ramasser et de partir. [GP]