À propos de cette édition

Éditeur
Solaris
Genre
Science-fiction
Longueur
Novelette
Paru dans
Solaris 87
Pagination
13-20
Lieu
Hull
Année de parution
1989
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Le jeune Mircaï reçoit enfin ses papiers qui lui permettront de s’ins­taller dans la grande ville de Cusagnas. Mais, ironie du sort, le billet de train que lui envoie le gouvernement l’oblige à entrer à Cusagnas en plein "jour-de-trop", le seul jour de l’année où les lois n’ont plus cours. Tout est alors permis, du simple vol au meurtre le plus crapuleux. Mircaï, désireux de se trouver un endroit sûr au plus tôt, se verra trimbalé d’une aventure à l’autre, d’une rencontre à une autre.

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Commentaires

Joël Champetier imagine dans cette nouvelle un découpage du temps fort original : l’année s’étale sur vingt mois et chaque mois comprend vingt jours. Il existe cependant un 401e jour (le « jour-de-trop » aussi appelé jour « hors-carré »), attendu par certains et craint par d’autres, qui donne droit à toutes les fantaisies et libertés. Entrer à Cusagnas en fin d’année, c’est donc aller au devant de l’aventure et du pittoresque.

Dans la société évoquée par l’auteur, les fillettes sont contraintes à deve­nir mères ou sajennes : le refus de l’un de ces rôles entraîne la mort. Les mères ne peuvent enfanter qu’en Songe : elles sont donc maintenues dans un état de sommeil léthargique et ne vivent éveillées qu’un mois par année. Les sajennes, qui ont « renoncé à leur féminité », veillent sur les mères endormies. Lors de son séjour à Cusagnas, Mircaï découvre que certaines femmes (Nadeline et Cataprina) n’adhèrent pas à ces règles, que leur désir de vivre et d’aimer en toute liberté et en toute lucidité, au même titre que les hommes, s’avère plus fort que la peur de mourir.

Pour le jeune Mircaï fraîchement sorti de l’adolescence, l’anarchie de Cusagnas agit tel un prisme révélateur puisqu’elle permet de voir l’envers des choses, la marginalité et la dissidence ouvertement affichées. Mircaï s’interroge mais ne remet pas vraiment en question le système dans lequel il a grandi : il s’éveille lentement à une réalité autre.

Le texte de Champetier se termine alors que débute la nouvelle année : la vie reprend son cours "normal", les lois reprennent le dessus, et Mircaï reprend le train. Il nous est permis de croire, d’imaginer, que la rencontre de Nadeline aura su ébranler suffisamment les convictions de Mircaï pour le mener à une prise de conscience plus aiguë (au réveil)…

Champetier nous offre un texte d’aventures haut en couleurs, habilement mené, qui étonne de la première à la dernière scène. Les aventures de Mircaï se succèdent à un rythme fou dans une atmosphère de grand guignol et font montre de l’imagination fertile de l’auteur. Et la lectrice que je suis, fascinée par les mœurs de ce monde esquissé, espère vivement avoir l’occasion d’y remettre les pieds… À moins que le texte n’appelle de lui-même une suite… [RP]

  • Source : L'ASFFQ 1989, Le Passeur, p. 48-49.