À propos de cette édition

Éditeur
Librairie Beauchemin
Titre et numéro de la collection
Laval
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Massé… doine
Pagination
43-57
Lieu
Montréal
Année de parution
1930

Résumé/Sommaire

À une époque lointaine, des jeunes provenant des villages voisins avaient pris l’habitude de venir danser sur les bords du lac de Roxton les samedis d’été, en soirée. Ce samedi-là, un jeune homme inconnu se présente sur les lieux. Élégant et beau, il tombe dans l’œil d’Antoinette Croteau qui danse avec lui. À minuit, on entend un coup de tonnerre accompagné d’une lueur rougeâtre provenant du rocher de l’autre bord du lac. Accourus sur les lieux, deux jeunes braves découvrent Antoinette inconsciente et deux empreintes de pied imprimées dans le rocher. Quand Antoinette reprend conscience une semaine plus tard, elle se met à danser frénétiquement et à vociférer. Impuissante, sa mère court chercher du secours. À son retour, la maison est en flammes et Antoinette périt brûlée vive.

Commentaires

Oscar Massé propose ici une variante intéressante du conte fondateur « Rose Latulippe » tout en laissant planer un petit doute sur le caractère surnaturel de la tragédie. Des années plus tard, le narrateur demande à un résidant de la place ce qu’il pense de l’événement. Certains ont prétendu qu’il s’agissait d’un coup monté par un pêcheur pour éloigner les jeunes de l’endroit et s’assurer ainsi le monopole du poisson. Les codes narratifs sont cependant trop évidents pour qu’il ne s’agisse pas d’un récit fantastique se rattachant au motif souvent utilisé du diable beau danseur.
Le journaliste qui sommeille en Oscar Massé n’est jamais bien loin. Le prologue qui mène à la scène de la soirée de danse fatidique pour Antoinette Croteau permet à l’auteur de brosser un tableau des mœurs de l’époque grandement influencées par l’autorité du curé. Si la jeunesse tend à en faire fi, invoquant le droit de s’amuser après une semaine de labeur, la sanction divine d’Antoinette, tête dirigeante de l’émancipation des jeunes, aura tôt fait de ramener ceux-ci dans le giron du curé.
Oscar Massé a indéniablement un talent pour raconter la vie quotidienne de la fin du XIXe siècle tout en faisant montre d’une propension à rectifier ou corriger certaines décisions administratives. Ainsi, au nom officiel de Sainte-Pudentienne (le nom officiel de la paroisse où a lieu le drame), il préfère Roxton Pond. La postérité finira par lui donner raison.
« La Légende du petit lac de Roxton » est un récit sur lequel pèse certes l’autorité morale de l’Église mais qui fait valoir aussi, de façon subtile, le désir légitime de s’amuser pour supporter une vie à trimer dur. [CJ]