À propos de cette édition

Éditeur
UQAM
Genre
Science-fiction
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Voix et Images, vol. IV, n˚ 3
Pagination
387-390
Lieu
Montréal
Année de parution
1979

Résumé/Sommaire

Une lettre jointe à un colis explique pourquoi la propriétaire d’un robot – un jouet pour enfants – retourne le produit à la compagnie. L’insatisfaction de la cliente repose sur le fait que l’objet répond à des ordres verbaux qui exigent une « clarté impitoyable ». Or à deux reprises, son fils a été victime du trop grand souci de perfectionnisme du robot.

Commentaires

Les années 1970 représentent une période très productive pour Louis-Philippe Hébert jusqu’à ce que l’informatique et le développement de logiciels en français le détournent de l’écriture au profit d’une carrière d’entrepreneur et d’homme d’affaires. Il reviendra à ses premières amours au cours des années 2000, après avoir vendu la compagnie Logidisque qu’il avait fondée.
Ses recueils et ses nouvelles – près d’une quarantaine – publiés pendant la décennie 1970 l’imposent comme le principal, voire le seul, représentant du courant techniciste en science-fiction au Québec. Il s’intéresse à cette époque aux robots au sens large du terme, c’est-à-dire aux machines conçues pour exécuter des tâches complexes et répétitives, parfois sans utilité, des machines pourvues aussi d’une intelligence artificielle. Cette révolution technologique dont on parle beaucoup depuis quelques années, Hébert l’aborde déjà dans la présente nouvelle et dans le recueil La Manufacture de machines.
En effet, on apprend vers la fin de la lettre – et c’est là toute l’ironie de la nouvelle – que cette missive a été rédigée par le robot lui-même qui se met dans la peau – et l’expression est à prendre au pied de la lettre, vous verrez avec quoi le robot enveloppe le colis – de la cliente insatisfaite pour expliquer les raisons de son renvoi.
En quelques pages, au moyen d’une écriture accessible, l’écrivain propose ainsi une réflexion sur les limites de l’intelligence artificielle, qui nous laisse émerveillé autant qu’apeuré par ses possibilités, mais aussi sur l’importance du langage humain. N’est-il pas paradoxal toutefois que le robot, incapable de faire preuve de jugement dans l’interprétation des ordres, soit en mesure d’écrire une lettre d’une telle maîtrise, maniant l’afféterie tout en faisant preuve d’un détachement remarquable ? Voilà un vrai petit bijou d’humour noir d’un écrivain avant-gardiste en science-fiction québécoise. [CJ]