À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
L’action se situe dans un lointain passé où la Terre comptait encore huit continents. On nous parle des Pryles, de petits humanoïdes aux ailes de papillon, qui mènent une vie pacifique. Dans sa lointaine jeunesse, lors d’un vol à très haute altitude, le vieux Joul a aperçu un rayon d’une « lumière différente », émanant d’une île lointaine. Personne au village ne croit à son histoire, ce qui laisse Joul amer. Le jeune Liva ambitionne de trouver cette lumière ; accompagné de Joul, il entame une quête périlleuse pour y parvenir.
Joul le guide jusqu’au pied des montagnes ; Liva continuera seul. Arrivé au sommet d’un col, il aperçoit enfin la lumière dont parlait Joul. Mieux encore, ce rayon étant d’un bleu pur, Liva acquiert la capacité de voir le bleu – les Pryles étant normalement achromates tant qu’ils ne perçoivent pas une couleur pure. Après avoir traversé une forêt pendant de longs mois et surmonté divers dangers, Liva atteint la côte. Il emprunte une barque qu’il trouve là et se rendra jusqu’à une île où vit un humain nommé Kya.
Kya révèle que la lumière différente provient d’un projecteur qu’il utilise pour communiquer avec le continent via un code de couleurs. Liva, ayant été exposé aux six autres couleurs pures, développe un sens visuel plus complet. Kya fabrique pour lui un petit appareil optique produisant des couleurs pures et apprend à Liva la récente construction d’un avant-poste pryle au sud. Liva s’y rend et revient chez lui en remontant le fleuve, un voyage autrement plus rapide.
En arrivant au village dont il est parti, il trouve Joul au terme de sa vie. Liva aura l’occasion de confirmer au vieillard que sa vision était bien réelle, et pourra lui accorder le don de percevoir les couleurs. Le vieux Pryle meurt ainsi comblé.
Commentaires
Je m’attendais au pire en ouvrant ce livre ; je peux heureusement affirmer qu’il s’agit d’un ouvrage fort sympathique, d’une lecture plaisante. Ce n’est pas pour dire qu’il est exempt de défauts. Lorsque l’auteur essaie de raconter des évènements passés, il s’embrouille dans ses temps de narration. Les péripéties que surmonte Liva se révèlent arbitraires quand on y repense. Ainsi, il affronte une nuée de criquets qui n’est nullement cohérente avec le monde tel que décrit, et une pluie de météores subséquente qui l’est encore moins. Quant au fonctionnement de la vision des Pryles, qui joue un rôle de fil conducteur thématique, il n’a aucun sens. Le spectre des couleurs est uniforme : il n’y a pas un bleu plus « bleu » que les autres, qui serait la clef de tous les bleus. La couleuvre est trop grosse pour que je puisse l’avaler.
La novelette a des velléités éducatives très clairement mentionnées dans la quatrième de couverture : on utilise par exemple la notation phonétique dans les communications par rayon lumineux, et les Pryles comptent en base 8. Dommage que l’auteur n’ait pas profité de l’occasion de leur donner quatre doigts à chaque main, ce qui aurait constitué une véritable réflexion science-fictive plutôt qu’une particularité assez arbitraire.
Et pourtant, mon opinion d’ensemble est favorable, parce que le récit fonctionne malgré tout. L’odyssée de Liva est une trajectoire d’apprentissage on ne peut plus classique, avec ses épreuves, ses merveilles passagères, sa découverte du vaste monde qui nous attend hors des frontières de l’enfance. Liva est transformé par ses aventures : il a acquis non seulement une compréhension plus profonde de la nature du monde mais un talisman qui lui permettra de partager ce savoir avec les siens. En dépit de son fondement par trop bancal, la métaphore est limpide : Liva a appris à mieux voir, et il partage cette ouverture au monde avec ses semblables.
Premier livre de l’auteur, La lumière différente démontre que, malgré les quelques maladresses de broderie, il sait utiliser un canevas solide. C’est plus rare qu’on ne le croirait. [YM]


