À propos de cette édition

Éditeur
Leméac
Genre
Fantastique
Longueur
Novella
Paru dans
L'Homme en fuite
Pagination
25-85
Lieu
Montréal
Année de parution
1990
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Marc Perreault vient tout juste d’arriver à son chalet de Saint-Rémy, en pleine nuit, au milieu d’une tempête, qu’il reçoit la visite d’une jeune fille qui dit s’appeler Marie Fortier. Le lendemain, quand il se rend chez les parents de celle-ci pour lui rapporter son sac à main, il apprend que leur fille est morte depuis un mois. De plus, Marc est intimidé par le policier Grondines qui n’apprécie pas qu’un étranger vienne remuer des souvenirs douloureux. Quelle est donc la véritable identité de cette mystérieuse visiteuse ?

Commentaires

Alain Pontaut a concocté, avec « Marie des Neiges », une histoire fantastico-policière qui se laisse lire avec plaisir malgré un rythme qui ralentit un peu à la fin. Le récit oscille constamment d’un genre à l’autre, l’un relançant l’autre et vice versa.

Il y a dans l’intrigue policière de « Marie des Neiges » un ton et une manière qui rappellent les romans de Simenon. La nouvelle met en scène un émule du commissaire Maigret, le policier retraité Pierre Bourdages considéré le sage du village. Sans éclat, il parvient à découvrir l’identité du meurtrier de Marie Fortier alors qu’il avait cru jusque-là que sa mort avait été accidentelle. D’ailleurs, comme dans les romans de Simenon, on connaît l’identité du meurtrier bien avant la fin du récit. Ce qui intéresse d’abord Alain Pontaut, ce sont les mobiles de l’assassin, la psychologie du meurtrier.

Quant à l’aspect fantastique, il n’est pas moins réussi grâce à ce mystérieux fantôme d’amour de Marie Fortier. Le personnage principal, Marc Perreault, est subjugué par cette apparition et ne soupçonne pas qu’il est indirectement l’instrument de vengeance du spectre de Marie. L’auteur courtise ici avec succès la veine romantique du fantastique.

Il faut parler aussi de l’écriture particulière d’Alain Pontaut parce qu’elle se distingue de l’écriture simple et efficace du roman policier. Dans « Marie des Neiges », elle est très travaillée, discursive, saccadée, pas pressée d’arriver au but. En un mot : très française. Elle s’attarde à certains détails qui composent un arrière-plan très riche à une trame narrative plutôt simple. Elle aime bien aussi jouer de l’ironie, une ironie qui s’exerce aux dépens du protagoniste principal, qui le mérite bien d’ailleurs. Ce jeune avocat prétentieux qui débarque de la ville est perçu par son entourage comme un étranger indésirable qui s’immisce dans des affaires qui ne regardent que le village. Son intégration à la petite communauté rurale sera d’ailleurs un échec.

Pour les habitués du milieu de la SFFQ, l’intérêt de « Marie des Neiges » sera peut-être accru par l’association qu’ils pourraient faire entre le protagoniste de Pontaut et un autre personnage, bien réel celui-là, pratiquant la même profession et portant le même prénom. Pour ma part, cette identification a sûrement contribué à accroître mon plaisir de lecture. [CJ]

  • Source : L'ASFFQ 1990, Le Passeur, p. 155-156