À propos de cette édition

Éditeur
Solaris
Genre
Science-fiction
Sous-genre
Mutant
Longueur
Novelette
Paru dans
Solaris 32
Pagination
5-15
Lieu
Longueuil
Année de parution
1980
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Jactanondha est encerclée par ses poursuivants, qui la tiennent à distance avec leurs lances. Ils semblent vouloir la tuer, mais sans la toucher. Elle est sauvée par un chasseur qui se porte à sa défense et met les villageois en fuite. Toutefois elle s’esquive et fausse compagnie au cavalier.
Analepse vers l’adolescence de Jactanondha, où son père Janroch, avec son frère adoptif Mersailech, partent en expédition vers Couvre, vers les « grands villages » en ruine, pour en rapporter connaissance et artefacts – ceux d’une époque pré-apocalyptique, devine-t-on.
Le chasseur, Karthaar, retrouve Jactanondha, lui déclare son amour. Bien qu’elle se sache « maudite », elle se résigne à l’accepter, lasse de solitude. Autre analepse où un Mersailech revenu seul, dément, défiguré par les radiations, enferme Jactanondha dans une caverne, la viole, la torture et lui fait subir un long traitement qui, comprend-on, la rendra toxique à quiconque la touchera.
C’est le sort tragique qui attend le beau Karthaar, pourtant prévenu : il mourra quelques mois après leurs épousailles, mais elle donnera naissance à un enfant pour qui, suppose-t-on, Jactanondha ne sera pas délétère.

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Commentaires

La nouvelle est cosignée Élisabeth Vonarburg, en plus petits caractères. Norbert Spehner cite, en éditorial, « une petite collaboration » qui aurait consisté en de la réécriture. Le directeur de Solaris, dans la même présentation, promet à ses lecteurs « qu’on n’a pas fini de parler de » René Beaulieu, « bourré de talent ».
On reconnaît déjà les marques de sa prose, les protagonistes féminines, le lyrisme dans les évocations de la nature, les personnages sensibles, les amours soit tendres soit violentes, jamais tièdes. Le contexte de cette nouvelle sera développé dans Légendes de Virnie, le recueil de 1981 dont « La Maudite » fera partie : une Amérique post-apocalyptique, où certains toponymes sont reconnaissables (Virnie = Virginie) et où une géographie dévastée par la guerre nucléaire sert de territoire à des tribus de chasseurs-cueilleurs évocatrices des Amérindiens.
Le père de Jactanondha, Janroch, est passionné par la recherche de savoirs anciens, mais ce serait Mersailech, le garçon trouvé, qui aurait motivé son père adoptif à se lancer pour de vrai dans cette quête, dont il reviendra des années plus tard. En plus de caisses de matériel non précisé (il présentera un briquet et utilisera des seringues), Mersailech rapportera de Couvre assez de connaissances pour déclencher en Jactanondha une mutation et rendre sa peau toxique pour quiconque la toucherait. Tout cela – et c’est le point un peu faible de l’histoire – afin de se venger du refus de la fille de devenir son amoureuse, au village où ils ont grandi. La fêlure de Mersailech est évoquée tôt dans le récit, un garçon « différent, étrange », qui « met les autres mal à l’aise », et que les tourments générés par les radiations auront fait basculer dans la folie. [DS]