À propos de cette édition

Éditeur
Pantoute
Genre
Science-fiction
Longueur
Courte nouvelle
Paru dans
Le Bulletin Pantoute 4
Pagination
16-17
Lieu
Québec
Année de parution
1980
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Un homme est terré dans un abri antiatomique après une catastrophe ou une guerre nucléaire. Blessé à la tête, il enregistre mentalement quelques images du présent et sombre dans le désespoir.

Commentaires

Avec « Les Mémoires dupées » d’Huguette LeBlanc, courte nouvelle de science-fiction, on est dans la tête de l’Homme – oui, avec un H majuscule car il représente l’humanité entière même si rien, dans le texte, n’indique qu’il y a eu une guerre mondiale. On serait plutôt enclin à penser qu’il s’agit d’un accident nucléaire survenu à l’usine où l’Homme était gardien de nuit. Mais qu’importe, au fond.
Le texte de LeBlanc dégage une ambiance oppressante avec des mots qui frappent fort dès l’entame du récit : « calamités destructrices », « vengeances apocalyptiques », « cataclysmes anéantissants ». L’effet anxiogène est renforcé par la situation de l’Homme, terré dans un abri antiatomique, prisonnier de ses pensées mortifères, aux prises avec le désespoir, la douleur et la solitude.
Comme mentionné plus haut, le lecteur perçoit la réalité à travers les yeux de l’Homme. Aucune trace de vie à l’extérieur, si ce n’est le souvenir d’une ronde d’enfants autour d’un sapin de Noël illuminé sur la place publique – mais ce n’est qu’un souvenir fugace, justement.
Huguette LeBlanc livre là un texte accablant, noir et désespéré, qui n’évite pas toujours le flou poétique, mais peut-être n’est-ce là qu’une façon de rendre compte de l’état d’esprit de l’Homme qui se délite lentement. On l’aura compris : il s’agit essentiellement d’un texte d’atmosphère dont il faut souligner la qualité d’écriture et l’efficacité. [CJ]