À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Le 24 décembre 2327, dans un futur où les humains se reproduisent artificiellement et où l’Église joue un rôle social prépondérant, la planète entière s’apprête à célébrer Noël. Sur la chaîne Holyworld, on diffuse chaque année l’unique naissance naturelle autorisée, soit le Miracle de la Mère Marie. Celle-ci est cette fois jouée par Nadya, une jeune Polonaise. Toutefois, l’enfant dont elle accouche ne ressemble en rien à l’interprète de Joseph. Non seulement sa peau est noire, comme l’acteur de l’Esprit saint, mais il s’agit d’une fille…
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Commentaires
Cette courte nouvelle de huit pages est rédigée dans un style efficace, au ton très ironique. Jean-Pierre April s’y moque à la fois de l’hypocrisie de l’Église et d’un deuxième culte, celui-là plus moderne, voué au divertissement facile. D’un côté, l’auteur détaille comment, dans un monde perturbé par les crises climatiques, la religion a su s’imposer en apaisant les angoisses de l’humanité éprouvée. De l’autre, il évoque la perte de repères d’une population désormais incapable de se reproduire (et même de jouir) sans assistance technologique, pour qui la famille et le couple ne constituent plus un réseau d’entraide et qui se console donc avec les spectacles à grand déploiement de la télévision évangélique.
La critique sociale que fait cette nouvelle est toujours pertinente, près de cinquante ans après sa parution. Dans un contexte de résurgence conservatrice alimentée par les réseaux sociaux, j’oserais même dire que ce parallèle entre religion et médias de masse a quelque chose de visionnaire. Toutefois, je suis mitigée en ce qui concerne la chute, qui est à mon avis un peu abrupte. Qui plus est, l’arrivée inattendue d’un bébé métis m’a semblé constituer un cliché, bien qu’on puisse trouver que c’est une manière efficace d’ironiser sur le mythe de l’Immaculée Conception. [KB]
