À propos de cette édition

Éditeur
Mille plumes
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Mille plumes 2
Pagination
22-23
Lieu
Montréal
Année de parution
1978
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Le narrateur et sa compagne passent leur temps à forniquer dans leur appartement sordide, tout en lançant des imprécations contre la société, le monde, la vie. Voleurs, prostitués, un jour ils font un coup d’argent, ce qui leur permet d’organiser un party pour une dizaine de leurs semblables, orgie au terme de laquelle apparaît « le Puant », auquel ils vouent un culte sanglant.

Commentaires

« On essayait de mourir… en vain ! » Les masochistes nihilistes mis en scène anonymement dans cette brève nouvelle passent le plus clair de leur temps sur des trips d’acide ou de champignons. Les métamorphoses constantes de leur corps, de leurs organes, de la tortue qui vit chez eux, donnent à penser que les sévices qu’ils s’infligent l’un à l’autre en baisant sont le plus souvent hallucinés, au même titre que les trois bébés humains dont leur tortue accouche (par la bouche).
Avec leurs compagnons de beuverie, le vin sert de carburant à leur bruyante orgie. Le fantastique, s’il faut en identifier une manifestation moins ambiguë, prendrait la forme du diable, à la fin de ce qui revêt les apparences d’un sabbat et d’un sacrifice rituel.
Langage vulgaire, scatologique, pornographie dénuée d’érotisme, le texte n’existe que pour exprimer une révolte intense mais vague, qui a pour cible « toutte ». Le français est à l’avenant : « On était faitte », « pognés sur toutte les bords », « pi farme ta yeule »… Parfois curieusement orthographiés, les jurons québécois giclent en abondance, à l’instar des fluides corporels variés pour lesquels l’auteur a une évidente prédilection. [DS]

  • Source : Les Années d'éclosion (1970-1978), Alire, p. 351.