À propos de cette édition

Éditeur
Horrifique
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Horrifique 25
Pagination
44-60
Lieu
Mistassini
Année de parution
1998
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Frustré par un manque de vérité dans ce qu’il écrit, Luc Dubois a recours aux services d’un vieux Chinois qui lui apprend à se détendre. De cette façon, il pourra, croit-il, ajouter ce qui manque à ses histoires. Il se concentre sur la page blanche et… Quand elle vient chez lui, son amie Josée le trouve meurtri et couvert d’ecchymoses. Il prétend avoir chuté du haut d’une chaise.

Plusieurs jours passent sans qu’elle ait de nouvelles de lui. Finalement, elle se décide à aller vérifier à son domicile (elle possède une clé de l’appartement). Sa visite lui confirme qu’il est absent, bien qu’il règne dans l’appartement une atmosphère de terreur presque tangible. Elle trouve un épais manuscrit sur le bureau. C’est une reprise, infiniment améliorée, d’un texte qu’il lui avait lu quelque temps auparavant. Un personnage sans lien avec l’histoire apparaît deux fois dans la narration. Dans la première, il est passé à tabac par des détrousseurs de cadavres. À sa deuxième apparition, elle reconnaît son ami Luc à la description très précise qui est faite de lui. Cette fois, le personnage est écrasé par une masse informe.

Commentaires

Claude Bolduc a reconnu récemment la paternité des textes publiés sous le pseudonyme de Richard Viens. On ne s’étonnera donc pas de retrouver dans « Le Nerf de l’histoire » le style, la thématique et l’humour particulier de l’auteur. On ne sera pas surpris, non plus, d’y trouver l’un de ses motifs préférés : celui de l’écrivain qui, pour toutes sortes de raisons logiques, illogiques ou qui tiennent du paralogisme, n’arrive tout simplement pas à écrire (ou à publier) ce qu’il veut. C’est généralement l’occasion, pour Bolduc, de pratiquer une forme d’autodénigration dont il tire souvent d’excellents effets comiques. Son personnage fétiche, Klaus Bundoc, est probablement celui qui illustre le mieux ce motif récurrent.

« Le Nerf de l’histoire » traite du thème très ancien de l’écrivain qui « tombe » littéralement dans l’histoire qu’il est en train de composer (la plus connue étant peut-être « Typewriter in the Sky » de L. Ron Hubbard). Ici, l’humour est au rendez-vous, certes, mais pas de façon aussi appuyée que dans d’autres textes. L’horreur l’est aussi mais, de nouveau, pas autant que dans certaines nouvelles de Bolduc qu’on a eu l’occasion de lire dans le passé. Ce qui ressort davantage (et je ne crois pas que cela ait été l’intention première de l’auteur), c’est le personnage de Josée, l’amie de l’écrivain. C’est finalement elle qui, finale oblige, devient la protagoniste, pendant Luc Dubois disparaît, au propre comme au figuré.

J’ai l’impression que Bolduc a hésité entre les deux points de vue, ne sachant trop lequel portait le mieux son propos. Il résulte de cette hésitation une sorte de déséquilibre qui rend la lecture du « Nerf de l’histoire » vaguement insatisfaisante. Le personnage de l’écrivain-en-mal-d’écriture n’est pas assez convaincant, car il ressemble finalement à un simple faire-valoir, tandis que celui de Josée laisse une impression d’incomplétude. On comprendra que j’aurais préféré une narration centrée sur la jeune fille. Il y aurait eu là occasion d’approfondissement.

Cela dit, le texte est écrit correctement, sans les outrances et maladresses qu’on relevait jadis dans les nouvelles de Bolduc. [GS]

  • Source : L'ASFFQ 1998, Alire, p. 176-177.