À propos de cette édition

Éditeur
Carfax
Titre et numéro de la collection
Carfax-bis - 2
Genre
Fantastique
Longueur
Recueil
Format
Fanzine
Pagination
26
Lieu
Hull
Année de parution
1985
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Commentaires

Premier recueil de Pierre Djada Lacroix, La Peur au ventre comprend toute sa production de l'année plus trois nouvelles inédites, « Besoin d'amour », « Personne de parfait » et « La Peur au ventre ». Le tout débute par une brève présentation de l'auteur et se termine par une bibliographie – non-exhaustive, précise-t-on – qui prend plutôt l'allure d'un curriculum vitae.

Entre ces pages, sept nouvelles qui oscillent entre le macabre, l'insolite et le fantastique plus traditionnel. L'écriture de Lacroix, tout au long des pages, reste sensiblement égale à elle-même, c'est-à-dire qu'elle ne s'élève jamais très haut. Les phrases restent simples, quoiqu'encombrées d'adverbes et d'adjectifs superflus. Souvent, le lecteur bute sur un mauvais accord de verbe, un participe à l'accord massacré, un pluriel qui s'oublie et quelques autres coquilles agaçantes.

Mais au-delà de ces erreurs criantes, un imaginaire assez intéressant, quoique sans surprise, se dessine, héritier de cette bonne vieille tradition des pulps américains de l'époque où Bloch et Lovecraft se sont exécutés. Le choix des thèmes montre aussi l'admiration qu'a l'auteur pour les maîtres modernes que sont King et Straub, pour ne nommer que ceux qui chevauchent le courant actuel. « Besoin d'amour », où un chien au sens de l'amour particulièrement tordu fait ses ravages, illustre bien cette affirmation. Malheureusement, la nouvelle n'a pas le temps de s'envoler, souffrant de plusieurs maux, une mauvaise construction et une idée de base imprécise n'étant pas les moindres. « Personne de parfait » pèche aussi, quoique de façon moins évidente. Dialogue traditionnel entre le diable et la femme qui a droit à un vœu, un effet de suspense entraîne le lecteur vers l'ultime chute. Mais celle-ci s'allonge en quelques lignes au lieu de quelques mots, sabotant tout le texte par son manque de clarté, de vigueur. Reste la nouvelle qui donne son titre au recueil. Monologue intérieur sur le thème de je ne sais qui je suis ni où je suis, l'auteur refait une xième version sans originalité du fœtus refusant de quitter son nid douillet.

La Peur au ventre ne passera certainement pas à l'histoire. Lacroix y montre plutôt son peu d'expérience et sa relative naïveté d'écrivain en herbe. Pourtant, il est possible de voir des lueurs d'espoir. En effet, il est fort intéressant de voir que les meilleurs textes sont ceux qui ont paru précédemment ailleurs. Est-ce à dire que ces textes ont été retravaillés à la demande des éditeurs ? À ce titre, la nouvelle la plus intéressante du recueil, et de très loin, est sans conteste « La Troisième marche ».

Preuve que Lacroix peut écrire à un niveau plus élevé que ne le laisse croire le présent recueil. [JPw]

  • Source : L'ASFFQ 1985, Le Passeur, p. 67-69.

Références

  • Gauthier, Philippe, Samizdat 2, p. 29.
  • Lemaire, Marc, Carfax 12, p. 46.
  • Lemaire, Marc, Carfax 13-14, p. 54.