À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
L’action se situe dans un futur incertain, à des centaines d’années de nous. Des galaxies et plusieurs planètes ont été découvertes et exploitées. L’héroïne, Alba, pilote spatiale reconnue parmi les meilleures, s’installe sur le planétoïde minéral Ménitar, dont elle sent l’affection ou le désir au cours de son exploration. Ménitar communique avec Alba, il entre en contact de manière intérieure, s’introduit en elle jusqu’à provoquer un orgasme.
C’est alors que Bok, chef d’Astronautica, entreprise pour laquelle Alba travaille, demande à Tibor, un ingénieur chevronné, de contacter Alba, dont Bok demeure sans nouvelle. Tibor part avec Jacqueline, une autre employée. Au fait de cette disparition, le chef d’une une entreprise concurrente envoie trois membres vers Ménitar, croyant qu’Alba a sans doute trouvé du rodium, un élément rare. Les deux groupes s’affrontent alors et, soutenue par Ménitar qui a pris gentiment possession de Tibor, pour les aider à lutter, Alba élimine les trois membres adverses. Alba et Ménitar s’unissent amoureusement.
Commentaires
J’ose commencer ainsi : un roman ennuyant, qui n’est pas exactement un roman de science-fiction au sens fort. Comme roman d’amour, ce qu’il se prétend ou se voudrait, La Planète amoureuse n’a aucun réel intérêt. Disons que La Planète amoureuse entremêle trois genres ou sous-genres : un certain futurisme, une vision simpliste de l’amour et le sexe (un timide érotisme), et que ce dernier aspect, la sexualité, prend le dessus tout au long, sans nous entraîner bien loin.
« Je t’aime, Ménitar », lui dit Alba (p. 50), et elle le lui redira chaque fois que la planète provoque chez elle un orgasme, et des jouissances sexuelles il y en aura beaucoup, tout au cours du récit. « Alba avait l’impression de vivre une expérience sexuelle avec la planète. » (p. 69) Alba tient alors à apprivoiser son nouvel amant, Ménitar, et à lui apprendre à aimer (p. 90). D’ailleurs – mais y a-t-il là le moindre lien éducatif ou romanesque entre eux –, durant plusieurs semaines d’exploration, de découvertes et d’enseignement, Alba se promène et œuvre nue sur Ménitar. Le narrateur nous le souligne constamment. Ce qu’il ne nous expose pas, ou très peu, c’est ce qu’est devenue la société humaine, ce que sont devenues la Terre et la science, entre autres éléments que nous aurions apprécié savoir.
Pourquoi une si grande importance accordée au rodium ? Nous l’ignorons, et c’est négligé comme aspect. Sur le plan onomastique, les noms et prénoms des personnages sont tous curieux : Bok, Tibor, Herco, à quoi correspondent-ils ? Un seul prénom diffère et semble paradoxal dans ce contexte : Jacqueline. D’où leur viennent-ils, tous ces prénoms ? Le récit n’en parle pas. Nous en sommes à supposer une vague mythologie.
Par deux ou trois éléments, cette histoire m’a rappelé Solaris, le troublant roman et le merveilleux film. Il y a deux soleils, ici aussi. L’intérêt pour Ménitar s’est atténué au fil des ans, comme dans le roman de Lem celui pour la planète où se trouve le héros. Quant au reste…
C’est écrit correctement, sans plus. Quelques rares moments touchent le lecteur : sur notre rapport à l’autre, au corps. Mais chaque segment lasse vite, n’approfondissant rien, jamais. À la blague, vu les attouchements et les caresses entre Alba et Ménitar, entre Tibor et Alba, je dirais : un roman de science-friction. De l’humour, le romancier nous en livre, lui aussi, volontairement ou non. Un seul exemple : une navette spatiale est nommée à quelques reprises navette nuptiale. Mignon.
À tout prendre, ce que j’ai préféré, ce qui m’a plu se trouve dans la fin de l’après-propos que livre Somcynsky, quand il évoque l’amour, « cette effervescence de la vie, ce miracle bien connu et toujours aussi extraordinaire. » (p. 172) Certes. Ce roman, lui, n’a rien d’extraordinaire. [PG]
Références
- Blanchet-Chouinard, Julie, Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec VII, p. 730.
- Hare, John, Dictionnaire des écrits de l'Ontario français, p. 669.
- Janelle, Claude, Solaris 49, p. 15 et 17.
- Pettigrew, Jean, imagine… 15, p. 101-103.


