À propos de cette édition

Éditeur
Paulines
Titre et numéro de la collection
Jeunesse-pop - 76
Genre
Fantasy
Longueur
Roman
Format
Livre
Pagination
152
Lieu
Montréal
Année de parution
1991
ISBN
9782890395176
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Nestorien, Sirokin et Matolch, seuls survivants de l’expédition, ont trouvé une sylvanelle naissante, Diarmuid, et l’ont extraite de son cocon. Ils entreprennent un lent retour à Contremont, accompagnés par leur guide musaphe Fafaro. La sylvanelle, bien que nouvellement née, a déjà l’apparence d’une jeune femme et son esprit s’éveille rapidement. La conscience de Nestorien est assaillie : comment peuvent-ils livrer Diarmuid à la mort, même pour sauver leur roi ?

Pendant ce temps, Melsi, confinée avec Barrad, découvre en lui une gentillesse bien cachée sous son extérieur terrifiant.

Ferodelis envoie des hommes accueillir la compagnie épuisée et ralentie ; ils leur enlèvent la sylvanelle, sous prétexte de la ramener au plus vite. En fait, son existence sera cachée à Japier. Ferodelis offre la sylvanelle à Barrad en échange de la mort de Melsi, espérant que cela poussera le roi Japier à la démence et lui assurera l’accès au trône. Mais Barrad se résout difficilement à tuer Melsi.

La compagnie revient au château juste à temps ; des soldats voués à Ferodelis tentent de les faire prisonniers, mais des soldats loyaux les secourent. Ensemble, ils libèrent la sylvanelle des cachots, mais tombent ensuite dans une embuscade tendue par Ferodelis. Dans la bataille, Diarmuid est blessée ; Barrad flaire le sang versé de la sylvanelle et accourt. Plutôt que de sacrifier Diarmuid, Sirokin lui soustrait un gobelet de sang ; cela suffit à apaiser l’ogre, qui ne cherchait en fait que la mort que seul pouvait lui accorder le sang des sylvaneaux, poison fatal pour sa race.

Commentaires

Cette suite de La Requête de Barrad conserve toutes les vertus du premier tome ; inutile donc de les mentionner à nouveau. Parlons plutôt de ce qui est neuf.

Tout d’abord, le personnage de Nestorien prend davantage de consistance. Son aventure l’a mûri, et de plus il affronte des situations moralement complexes : il s’interroge sur la justification du destin réservé à la sylvanelle et doit composer avec Fafaro, dont il a sauvé la vie et qui de ce fait, selon les croyances de son peuple, doit le considérer comme son père. Ses sentiments demeurent en accord avec ceux du lecteur, et l’identification reste toujours aussi facile.

De son côté, Melsi découvre que Barrad n’est nullement un monstre. L’attitude du lecteur à l’égard de l’ogre change au même rythme que celle de la princesse. Avec la révélation finale, on ne peut que prendre Barrad en pitié. Champetier réussit à donner une complexité morale au personnage sans se montrer déroutant pour les plus jeunes lecteurs. La progression de Ferodelis continue impitoyablement, tandis qu’il se laisse dévorer par son ambition. Sa « méchanceté » est une conséquence de ses désirs tout à fait humains, et non le résultat d’un lancer de dés ou d’une nécessité pour l’intrigue : bien des œuvres pour adultes auraient des leçons à prendre ici.

Il me faut parler brièvement du chapitre relatant les deux histoires que Barrad raconte à Melsi le soir venu. Si « Filifof le Niais » est une transposition d’un conte d’Andersen (l’auteur le note dans sa dédicace), « l’Honneur des asticots » est une fable animalière originale, hilarante et subversive, un vrai petit bijou !

La fin du roman est palpitante à souhait, emplie d’une action complexe mais bien rendue. Encore une fois, les motivations des combattants s’écartent du stéréotype ; la description des batailles semble s’approcher davantage de la réalité que celles que nous servent habituellement les romans de fantasy, pleines de soldats prêts à se battre jusqu’à la mort à la moindre provocation.

Joël Champetier signe, avec le diptyque de Barrad, une réussite incontestable. Et le plus affolant là-dedans, c’est qu’il commence à publier des romans ! Dans cinq ans, gavé d’œuvres de ce calibre, je ne pourrai plus en faire la critique, seulement pousser une salve de couinements béats à chaque nouvelle parution… [YM]

  • Source : L'ASFFQ 1991, Le Passeur, p. 44-45.

Références

  • Le Brun, Claire, imagine… 59, p. 131-132.
  • Martel, Julie, Solaris 98, p. 61.
  • Martin, Christian, Temps Tôt 16, p. 48-49.
  • Saint-Aubin, Diane, Lurelu, vol. 15, n˚ 1, p. 23.