À propos de cette édition

Éditeur
Émeraude
Genre
Science-fiction
Longueur
Roman
Format
Livre
Pagination
420
Lieu
Sainte-Foy
Année de parution
2000
ISBN
9782921334396

Résumé/Sommaire

Neuf cents ans après la Grande Catastrophe (déflagration nucléaire qui a ravagé la surface de la planète), les quelques millions de personnes qui peuplent encore la Terre se voient forcées de partir. La raison ? Selon certains calculs, la comète Paloumère, récemment découverte par un scientifique, entrerait en collision avec la planète dans une centaine d’années. La population est déportée vers la Vagabonde, une planète habitable découverte par deux scientifiques et qui erre dans le cosmos. Cependant, une poignée de personnes, dont Paul Radomski, le savant qui a découvert la comète, refuse de partir : elles sont convaincues que la Terre ne se retrouvera jamais sur la trajectoire de la comète Paloumère et que les calculs ont été délibérément falsifiés. Mais par qui, et pourquoi ? Quoi qu’il en soit, ces Rebelles ne sont pas les seuls à être demeurés sur la planète. En effet, ils sont constamment attaqués par des gens très bien armés qui semblent très organisés et qu’ils ont baptisés le Commando de la Terreur. Ce commando semble avoir juré la perte des Rebelles et les massacre des générations durant.

Pendant toutes ces années, la vie est douce pour les habitants de la Vagabonde. Mais en 1432 après la Grande Catastrophe, soit presque cinq cents ans après le début de la colonisation de la Vagabonde, un scientifique aperçoit dans le ciel une lueur qui semble se rapprocher de la planète. Après de nombreux calculs, il appert que l’astre lumineux en question est la comète Paloumère et que la collision avec la Vagabonde est inévitable. Ne disposant que d’une douzaine d’heures avant l’impact, on décide de sauver la race humaine à défaut de pouvoir sauver la planète et ses habitants. C’est ainsi que huit personnes du Centre de recherche scientifique de la Vagabonde prennent la fuite à bord d’un vaisseau spatial quelques heures avant la collision ultime. À la recherche de la planète de leurs origines, dont ils ignorent tout, ils errent dans l’espace jusqu’à ce qu’ils atterrissent sur Kouvalond, une planète-prison située dans le système solaire de Gubsiska. Ils y font la connaissance de Logan, un Ormétien qui promet de les aider à retrouver leurs origines s’ils l’aident à s’échapper. L’évasion est réussie et un long périple de presque vingt ans s’amorce pour les Naufragés de l’espace.

À cette époque, sur la Terre, les Rebelles sont confinés au fond d’une vallée où ils se cachent pour éviter les attaques de l’Organisation. Devenus trop nombreux, ils veulent vaincre l’ennemi afin de retrouver leur liberté et occuper de plus vastes territoires. Mais leurs adversaires semblent invincibles : grands, costauds, tous semblables, doués de qualités physiques et intellectuelles supérieures, ils ne semblent pas humains. De plus, ils disposent d’armes ultrasophistiquées et vivent dans une gigantesque Citadelle. L’arrivée du vaisseau des Naufragés de l’espace sur Terre redonne cependant beaucoup d’espoir au groupe des Rebelles. En effet, un de leurs guides spirituels leur avait jadis affirmé que la libération viendrait du ciel. Les Naufragés de l’espace seront-ils ces sauveurs ?

Commentaires

Divisé en trois livres, La Promesse de Logan s’étend sur plus de cinq cents ans d’histoire – sans compter la période de la Reconstruction qui a suivi la Grande Catastrophe (huit cents ans) et la période qui a précédé cette catastrophe, époques auxquelles certains personnages font quelquefois allusion. Le Livre Premier commence en 919 après la déflagration nucléaire, période qui, on l’apprend plus loin dans le roman, se situe un temps indéterminé après les années 2000. Ce qui retient l’attention ici, c’est que pour les personnages du Livre Troisième, l’époque du Livre Premier, qui se situe très loin dans le futur du lecteur, constitue une période oubliée. En effet, les Naufragés de l’espace ne savent pas ce qui a poussé leurs ancêtres à quitter la Terre, ils ignorent tout de la Grande Catastrophe et de la façon de vivre à cette époque. Leur situation est étrangement similaire à celle du lecteur qui a lui aussi besoin de se faire raconter les événements de cette période dont il ne sait rien. Sauf que lui n’en connaît rien parce qu’elle se situe dans un supposé futur alors que les personnages du Livre Troisième n’en connaissent rien parce qu’elle se situe trop loin dans le passé. Le paradoxe est savoureux et est assez bien exploité.

Le fait de relater cinq cents ans d’histoire en un seul roman comporte cependant un inconvénient, majeur : l’auteur passe beaucoup trop vite par-dessus les époques, ce qui donne l’impression d’un manque de fini. De nombreuses pistes sont escamotées alors qu’elles auraient mérité d’être développées. Nous pensons notamment à la découverte d’un site par les premiers colons de la Vagabonde, découverte qui laisse croire qu’une très vieille civilisation d’humanoïdes a autrefois habité la planète. Curieux, quelques colons chercheurs s’y rendent pour explorer davantage, mais à partir de là, plus rien n’est dit sur le sujet. L’auteur « saute » à une autre époque et il n’est plus fait mention de cette possible civilisation. En outre, comme les époques passent à la vitesse de l’éclair, le lecteur n’a pas le temps de s’attacher aux personnages, ce qui fait que leurs aventures le laissent souvent indifférent et qu’il n’embarque jamais tout à fait dans l’histoire. Cette œuvre aurait donc grandement gagné à être échelonnée sur plusieurs romans. Cela lui aurait peut-être apporté davantage de profondeur.

Autre observation qui concerne, cette fois, le paratexte : la chronologie et le lexique qui se trouvent à la fin du roman, loin de servir l’ouvrage, lui nuisent en venant dévoiler certaines intrigues. Par exemple, dès les premières pages du roman, il est fait mention de l’Organisation. Le lecteur est invité à aller consulter le lexique où il apprend que l’Organisation est un « groupe travaillant dans l’ombre, mettant sur pied une nouvelle race d’humanoïdes, manipulant certaines ficelles gouvernementales ». Un peu plus loin dans le roman, on mentionne que l’Organisation travaille à mettre sur pied le Projet Alpha. Dans le lexique, on nous définit le Projet Alpha comme un projet « visant à dominer la Terre, le système solaire ». De telles informations auraient dû être gardées secrètes car le lecteur, à la différence des personnages, ne se pose presque plus de questions et ce, dès le début de sa lecture. Il sait que c’est l’Organisation qui a manœuvré pour envoyer tous les Terriens sur la Vagabonde et il sait dans quel but elle l’a fait. En cherchant sans doute à éclairer le lecteur et à faciliter son parcours du roman, l’auteur a pratiquement dépouillé son œuvre de tout suspense. C’est dommage, car le talent et l’imagination sont là. Souhaitons que Gaëtan Favreau nous offre un second roman plus convaincant. [SN]

  • Source : L'ASFFQ 2000, Alire, p. 68-70.