À propos de cette édition

Éditeur
Librairie Beauchemin
Genre
Hybride
Longueur
Recueil
Format
Livre
Pagination
135
Lieu
Montréal
Année de parution
1922

Résumé/Sommaire

[6 FA ; 11 HG]
La Maisonnette, sur la colline…
La Mesure de blé
Le Calvaire et les bœufs
Les Quêteux qui jettent des sorts…
Le Vieux Rouet
Le Passant
Sur un sonnet
Force et Beauté
Lucie l'aveugle
Notre langue
Les Âmes voyagent…
Petites Filles de la mer…
La Nuit terrible
L'Anse pleureuse
Vaisseau fantôme
Le Petit Fils
Les Hommes du large

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Commentaires

Voici une œuvre qui porte bien son titre, mélange de croyances légendaires et de réflexions personnelles résolument fidèles à l’esprit de son époque. Côté légendes, Blanche Lamontagne-Beauregard explore leur face sombre ou lumineuse. Le surnaturel circule au sein de cet univers, intervient pour récompenser comme pour punir, ou de manière corrective ainsi qu’en témoigne la mesure de blé donnée et retrouvée intacte, ou ce paysan qui oublie de se signer devant la croix de chemin malgré l’avertissement de ses bœufs.
Dans cet univers où tout est signe et rien n’est absurde, on craint la colère des quêteux qui ne reçoivent pas la charité, on subodore la présence des défunts qui cohabitent avec les vivants ou reviennent hanter les lieux où ils ont vécu. On se garde de fréquenter la forêt la nuit pour éviter loups-garous et diablotins qui en prennent possession. La foi engendre des miracles qu’on peut refuser par peur de se perdre dans le mal à l’exemple de cette jeune aveugle guérie miraculeusement par sainte Anne et qui la prie de reprendre son don de peur de sombrer dans une vie de péchés.
À cet univers où « tout vit, tout est plein d’âmes », l’autrice ajoute des commentaires sur l’état du monde. Elle vante les vertus de l’hygiène, s’inquiète pour la survie de la langue française, craint pour ceux qui sont incapables de résister à l’appel du large, relate le naufrage de l’armada de Walker venu s’emparer de la Nouvelle-France.
Blanche Lamontagne-Beauregard possède un style appliqué qui témoigne d’une certaine manière d’écrire à son époque. Elle écrit bien, trop bien, de sorte qu’il s’en dégage un certain académisme lisse, sans aspérités ni relief qui me pousse à le qualifier de scolaire, celui qu’on apprend à l’école du bien dire et du bien écrire. Tout est trop parfait. Récits et Légendes relève davantage de la sociologie littéraire que de la littérature. Ces textes témoignent d’une époque, d’une certaine manière de vivre et de penser. [BB]                                                                                                 

Références

  • Lemire, Maurice, Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec II, p. 944-945.