À propos de cette édition

Langue
Français
Éditeur
Alire
Titre et numéro de la série
Tyranaël - 1
Titre et numéro de la collection
Romans - 3
Genre
Science-fiction
Sous-genre
Planète
Longueur
Roman
Format
Livre
Pagination
363
Lieu
Beauport
Année de parution
1996
ISBN
9782922145021
Support
Papier+
Illustration

Résumé/Sommaire

Dans un futur lointain, la Terre, surpeuplée, se prépare à la colonisation d’une planète viable dans la constellation de l’Aigle. Une première expédition, embarquée sur le Nostros, y parvient et ses explorateurs y découvrent des villes et des infrastructures désertes et intactes, abandonnées depuis plusieurs siècles par une race humanoïde indigène, sans raison apparente. S’ajoute au mystère ambiant un phénomène inexplicable : une masse bleue et scintillante, la Mer, qui recouvre la plus grande partie de la planète aux deux ans terrestres, et qui annihile à son contact toute matière vivante et toute forme d’énergie électrique jusqu’à mille mètres d’altitude. Sa découverte aura des conséquences dramatiques sur le destin des membres de la première expédition.

L’arrivée des nôtres sur Virginia, nommée comme la première enfant humaine à y avoir vu le jour, est reconstituée par Eïlaï Liannon Klaïdaru, une de ces extraterrestres dotée, comme plusieurs de ses compatriotes, de prescience et qui « rêve » de façon fragmentaire de l’arrivée des humains sur son monde, Tyranaël, sans savoir quand cette invasion surviendra.

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Commentaires

Ce roman d’anticipation part d’une thématique classique de la SF d’après-guerre : la négligence humaine et la surpopulation ont entraîné de Grands Cataclysmes sur Terre et l’humanité se voit obligée de se trouver une nouvelle terre d’accueil. Son originalité tient à sa narration très particulière : on assiste à la colonisation de Virginia à travers le regard d’Eïlaï, une « étrangère » qui perçoit elle-même les humains comme des « étrangers ». Le lecteur a donc accès à son interprétation, à sa reconstitution de notre histoire, à travers le prisme de ses « Rêves » et de ceux de ses semblables. Ce qui est d’autant plus intéressant, c’est que le lecteur épouse également le regard que les colonisateurs humains posent sur les « Indigènes » disparus subitement et mystérieusement de la surface de Virginia, notamment à travers Shandaar et son équipe d’archéologues qui reconstituent la vie et l’Histoire de ceux qu’ils appellent les « Anciens ». Ce croisement de regards met d’abord en lumière les affinités interraciales dans les aléas apparents du « Rêve » (la connexion mentale d’Eïlaï avec tel ou tel humain ne semble finalement jamais fortuite, mais plutôt motivée par des émotions partagées), malgré les différences immenses entre les deux espèces, et permet donc d’établir une sorte de rapport d’équivalence entre elles. On finit par en déduire qu’il n’y a pas de vérité ; que de multiples perceptions, interprétations de la réalité.

On pourrait également percevoir cette œuvre comme un roman d’apprentissage, en s’attardant sur la relation d’amour-haine qu’Eïlaï entretient avec son don : le « Rêve » lui vole sa vie en même temps qu’il lui apprend à vivre, en quelque sorte, en lui ouvrant une fenêtre sur les pensées et le périple d’autrui. D’ailleurs, il existe toujours un lien spirituel flagrant entre elle et les personnages de ses « Rêves » : la peur, la culpabilité, la fuite, le désir d’être un autre… En épousant leur regard l’espace d’un instant, elle apprend à apprivoiser ses propres émotions, ses propres doutes. Il s’agit presque d’une allégorie de l’acte de lecture, qui permet de vivre par procuration l’existence de l’Autre et change de ce fait la perception que l’on a du réel.

La colonisation d’un nouveau monde constitue également le prétexte idéal pour aborder la difficulté qu’a l’humanité à transcender ses défauts et son instinct d’autodestruction. Dans ce tome initial de Tyranaël, les premiers colons de Virginia assistent, impuissants, à la reproduction progressive des schèmes qui ont conduit à la dévastation de leur planète-mère.

En ce qui concerne la « Mer », singulier mélange de spiritualité et de technologie, le questionnement du lecteur demeure sans réponse, à l’instar de celui des colonisateurs de Virginia. S’agit-il de la conscience collective d’une planète entière ? D’un passage vers un autre monde (le paradis ?), comme on peut le soupçonner après avoir pris connaissance des quelques épisodes fragmentaires de la vie « indigène » ? La table est mise pour les tomes subséquents de cette pentalogie grandiose et profondément intelligente qu’est Tyranaël. [JBC]

  • Source : L'ASFFQ 1996, Alire, p. 214-215.

Prix et mentions

Prix Boréal 1997 (Meilleur livre)

Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois 1997

Références

  • Bérard, Sylvie, Solaris 120, p. 41-42.
  • Dunyach, Jean-Claude, Galaxies 4, p. 141-143.
  • Gagnon, Danielle, Nuit blanche 67, p. 17.
  • Loncan, Martine, Yellow Submarine 131, p. 133-135.
  • Martel, Clément, Québec français 104, p. 17.
  • Martin, Christian, Temps Tôt 43, p. 39.
  • Martin, Frédéric, Lettres québécoises 85, p. 23.
  • Mercier, Claude, Proxima 1, p. 54-55.
  • Sarfati, Sonia, La Presse, 14-06-1998, p. B6.
  • Trudel, Jean-Louis, KWS 29-30, p. 40-48.