À propos de cette édition

Langue
Français
Éditeur
XYZ
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Paru dans
XYZ 9
Pagination
43-48
Lieu
Montréal
Année de parution
1987
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Jean-Denis Vijean constate qu’un étrange phénomène de distorsion s’empare de l’espace. Tout converge, se rapproche. Il note d’abord les mouvements des bâtiments qu’il voit par sa fenêtre, puis ceux de l’armoire et du lit. À la toute fin, son corps même s’incurve vers le centre et c’est ainsi qu’il est retrouvé, mort, recroquevillé sur sa chaise.

Commentaires

Texte d’une rigueur et d’une intensité remarquable, « Rien n’a de sens sinon intérieur » n’est pas sans rappeler les problématiques d’isolement et d’itinéraires morbides de J. G. Ballard. Mais où Ballard entretient de solides, quoique malsains, rapports avec la société, Claude-Emmanuelle Yance construit de l’intérieur même du personnage. La nouvelle ne va pas vers l’isolement du sujet, elle débute sur cet isolement pour culminer dans un isolement plus profond encore, si possible. En ce sens, le titre est tout à fait révélateur.

De plus, il faut parler de l’originalité déployée ici par l’auteure. Grâce à un subterfuge simple, elle place le lecteur dans une position privilégiée pour assister à la lente aventure de Vijean, à cette évasion involontaire qui n’est pas sans rappeler une incroyable implosion. Ce jeu sur la distorsion de l’espace et la façon de le relater sont tout à fait nouveaux dans la littérature fantastique. Ils agiront peut-être comme une nouvelle borne dans l’évolution du genre. À noter aussi une écriture peaufinée à l’extrême mais toujours abordable, efficace, preuve que la maîtrise de la forme ne passe pas nécessairement par la surenchère verbale ou la haute voltige stylistique.

L’un des meilleurs textes publiés dans XYZ cette année. [JPw]

  • Source : L'ASFFQ 1987, Le Passeur, p. 194.