À propos de cette édition

Éditeur
Les Intouchables
Titre et numéro de la collection
Peur de rien - 2
Genre
Science-fiction
Longueur
Novella
Format
Livre
Pagination
119
Lieu
Montréal
Année de parution
2000
ISBN
9782895490029
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Jonathan passe le congé de l’Action de grâce au chalet de ses grands-parents. Il y découvre une bête « grasse, molle, violette » qui ressemble à une sangsue et décide de la ramener chez lui. Peu après, il glisse son doigt dans le bocal. La bête s’y agrippe et le suce au sang. Commence alors une fantastique aventure.

En sortant de son sommeil, sur la planète Deimos Major, Jonathan rencontre Yanelle qui semble très bien le connaître alors que lui-même a perdu la mémoire. Les deux jeunes doivent fuir pour éviter d’être dévorés par les pili-pilis, sorte de coccinelles brunes de la taille d’un cocker. Puis, ce sont les caraques qui se mettent à leur trousse et les deux jeunes doivent se réfugier dans le creux d’un champignon. À la faveur du sommeil, Jonathan revient au milieu de sa famille. Son doigt devient de plus en plus violet, ce qui inquiète son entourage, dont Magali, une amie de l’école.

De retour sur Deimos Major. Après chaque intervention de la sangsue qui distille dans le sang de l’adolescent une substance hallucinogène, le danger guette Jon (et non Jonathan) et Yanelle. Ils ont pour mission d’aller chez le Grand Cagot et de revenir au village avec le secret d’un remède qui permettra à la communauté de guérir d’une maladie apportée par les terribles stryges. Cette maladie, c’est le virement, une maladie qui propulse le dormeur dans le monde terrestre. Les deux mondes se répondent donc parfaitement : par la sangsue, sur Terre, et par la maladie du virement, là-bas.

Les deux héros sont encore à quatre ou cinq jours du village. Il leur reste à traverser la plaine des Désespérés et le marais Fondant. Entre-temps, Jonathan révèle son secret à Magali qui, dans un premier temps, n’en croit rien. Mais elle se fait accidentellement piquer à son tour. On la retrouve au milieu de la vallée, perdue, désorientée, mêlée à cette quête du remède magique sans le vouloir. Cela accrédite les aventures de Jon : ce ne sont donc pas des rêves, mais bel et bien un voyage dans un autre monde hostile.

Magali sera sauvée par Jon, mais une rivalité sourde se précisera entre les deux jeunes femmes. À la fin, Yanelle déclare : « Je meurs mais, au moins, mes enfants vivront. » Des centaines de petites sangsues se ruent sur Jon. Ce dernier s’échappe et revient sur Terre, avec Magali, où il réussit à se débarrasser des vers en les jetant dans l’évier.

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Commentaires

Les 34 courts chapitres, se passant moitié sur Terre avec Magali et moitié sur la planète où vit Yanelle, donnent de la vigueur à la narration. Deux mondes y sont constamment confrontés l’un à l’autre, ce qui éveille continuellement l’attention. Il y avait pourtant danger de redites en faisant se répéter les multiples allers-retours, mais à chaque fois le prétexte est différent.

Davidts fait preuve d’un bel imaginaire, diversifié, surprenant. La faune et la flore sont luxuriantes : on y retrouve des pili-pilis, des chevelus, un fruit nommé muril, des caraques, la saison des clisses, des stryges, des désespérés habitant une plaine, un scarabée voyageur, des graminées qui cachent la vue. Il s’agit d’un roman solide, foisonnant, peut-être même un peu échevelé qui pousse dans plusieurs directions. La créativité est perceptible à chaque page.

On ne peut s’empêcher cependant de relever quelques maladresses de style. Ainsi, l’auteur utilise deux fois une même expression : Yanelle déclare au sujet des caraques qu’elles lui donnent la chair de poule – on se demande ce que vient faire le mot poule sur cette planète – et la mère de Jonathan qui, à la vue de la sangsue, dit que ça lui donne la chair de poule. Ailleurs, Yanelle aime le vent qui dessine des « arabesques », alors que la plaine des Désespérés ressemble à une « pelouse ».

La fin déçoit aussi, à moins que l’auteur ne veuille donner une suite qui expliquerait bien des revirements à première vue farfelus. Ce serait une agréable surprise à nous réserver.

Qui était Yanelle ? Qu’en est-il de cette planète ? Que deviendront les centaines de petites sangsues lâchées dans l’évier ? D’autres questions demeurent : qui sont les vigilants ? Qui est le Grand Cagot ? Si Yanelle est une mère sangsue, alors tout le reste n’est-il que fumisterie ? Le village ne serait donc qu’un leurre pour mieux soutirer le plus de sang à Jon ?

Espérons que l’auteur entendra notre appel et qu’il élargira la portée de son imaginaire. Cela devrait donner une saga terrifiante. Juste à y penser et on en a la chair de poule… [MB]

  • Source : L'ASFFQ 2000, Alire, p. 48-50.

Références

  • Laplante, Laurent, Nuit blanche 99, p. 7-8.
  • Lepage, Françoise, Lurelu, vol. 23, n˚ 2, p. 35.
  • Teasdale, Suzanne, Lurelu, vol. 28, n˚ 2, p. 50.