À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
À l’adolescence, Gilles, un virtuose du patin à roulettes, survole la piste du Paladium et regarde les autres avec mépris. Ayant couché un soir avec ses patins, ceux-ci ont fait corps avec ses pieds et il est condamné à les porter continuellement. La mode passe, l’engouement étant maintenant de s’accrocher des ailes à moteur dans le dos pour voltiger sur des rythmes électroniques. À son tour méprisé, Gilles, lui, reste cloué au sol.
Commentaires
Cette petite nouvelle sans éclat de François Martel a été publiée dans une revue qui voulait rejoindre les couples jeunes et décoincés à l’heure de la révolution sexuelle des années 1970. Un léger parfum d’érotisme flottait autour du magazine dirigé par René Homier-Roy (oui ! oui !).
« Si les patins avaient des ailes » ne s’inscrit pas dans ce vent de libération, malgré son titre. Le sujet est banal et n’a pour objectif que de démontrer la futilité des modes, l’une chassant l’autre : le patin à roulettes évincé par la voltige, le disco par la musique électronique. La morale qui se dégage de l’histoire apparaît bien sage et conformiste : soyez humble dans le triomphe pour éviter le mépris quand la gloire ne sera plus qu’un vague souvenir.
Évidemment, la brièveté de la nouvelle ne permet pas de développer une société un tant soit peu futuriste de sorte que le texte se hisse à peine sur le palier de la science-fiction. On est loin de Rollerball, le film de 1975 de Norman Jewison, mettons ! [CJ]
