À propos de cette édition

Éditeur
Humanitas-nouvelle optique
Genre
Science-fiction
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Affaire classée
Pagination
71-74
Lieu
Montréal
Année de parution
1992

Résumé/Sommaire

Un explorateur Utérin, Assurus, présente à un groupe d’invités triés sur le volet un spécimen femelle qu’il a rapporté d’un récent voyage sur Terre.

Commentaires

Dans « Le Spécimen », Lisa Carducci inverse la proposition de départ de la majorité des récits de SF : ici, c’est l’espèce humaine qui est considérée comme un objet de curiosité par rapport aux Utérins. Ce retournement de l’anthropocentrisme constitue à la fois le point fort de la nouvelle et… sa principale faiblesse. En effet, on ne peut s’empêcher de penser qu’il aurait été plus intéressant de connaître davantage les mœurs et le mode de vie des Utérins que ceux des humains. Or, la nouvelle de Carducci nous donne peu de détails sur les habitants d’Utérus : leur corps est froid, ils sont immortels et leur mode d’alimentation est d’une frugalité singulière.

Les Utérins sont donc présentés en creux dans le récit. Ils n’existent finalement que comme une copie en négatif de l’espèce humaine. Et c’est là le paradoxe de la proposition de départ de l’auteure : c’est encore la description du spécimen humain qui définit le mieux les Utérins. On ne sort pas facilement de l’ornière anthropocentrique.

Par ailleurs, le texte souffre de l’absence de progression dramatique. Il se contente d’exposer les différences qui existent entre les deux espèces. En outre, le nom des extraterrestres a sans doute une signification mais l’auteure n’en livre pas la clé et n’exploite pas ce filon qui aurait pu être riche.

Quant à la conclusion, ramassée en un paragraphe de quatre lignes, elle laisse perplexe. Le temps semble s’être arrêté à 6h24 pour la narratrice terrienne. Une métaphore de l’éternité ? Pourtant les deux espèces ont vaincu la mort de sorte qu’il ne s’agit pas d’un état nouveau pour la narratrice. Sibylline, cette fin.

Certes, on ne peut tout mettre dans une nouvelle de quatre pages mais alors, il faut choisir un sujet moins ambitieux pour éviter de laisser croire à un manque d’imagination. [CJ]

  • Source : L'ASFFQ 1992, Alire, p. 47-48.