À propos de cette édition

Éditeur
Lidec
Titre et numéro de la série
Unipax
Titre et numéro de la collection
Lidec-Aventures - 103
Genre
Science-fiction
Longueur
Novella
Format
Livre
Pagination
143
Lieu
Montréal
Année de parution
1966
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Des submersibles d’Unipax ont repéré le gisement du somptueux trésor que transportait un galion espagnol coulé en 1540. La récupération de l’or et des bijoux aiderait à financer le fonctionnement de cette organisation pacifiste clandestine. Cependant, une avarie entraîne la perte d’un appareil auxiliaire et de ses deux hommes. Tandis que le vaisseau principal rentre à la base pour signaler la découverte, deux autres sous-marins auxiliaires restent sur place…

Cependant, une des victimes de l’accident est repêchée par un cargo et le capitaine signale la chose à un riche armateur et homme d’affaires, Ajax Andros. Celui-ci flaire une affaire et se précipite sur les lieux après avoir effectué les vérifications qui s’imposent. Pour écarter tout gêneur, il largue des bombes de fond qui atteignent les engins auxiliaires d’Unipax.

La contre-attaque d’Unipax, sous la direction de son chef Servax, est décisive. Pour la première fois, l’organisation va démasquer une partie de ses batteries. En effet, elle a mis au point des explosifs capables de vaporiser les lubrifiants indispensables aux machines de ses ennemis. Ce sont d’abord les deux navires d’Ajax Andros qui sont neutralisés. Lorsqu’un groupe naval étatsunien est appelé à la rescousse par l’armateur, il goûte à son tour à la médecine d’Unipax. Réduits à l’état de ferraille flottante, les puissants navires et submersibles de la marine américaine ne peuvent plus gêner la récupération par Unipax du trésor de la Santissima Trinidad. Et la démonstration de l’efficacité des armes préparées de longue date par Unipax permet tous les espoirs…

Commentaires

« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière », affirmait Rostand au début du siècle dernier, un peu avant la Première Guerre mondiale. Au plus fort de la Guerre froide entre des puissances nucléaires armées jusqu’aux dents et des guerres s’étendant comme des feux de brousse autour du monde, il fallait une solide dose d’optimisme pour imaginer une organisation vouée à la paix et dotée des moyens nécessaires pour la garantir. Ou peut-être l’espoir était-il indispensable en un temps assombri par la haine et la méfiance.

Maurice Gagnon est loin d’avoir été le seul à mettre en scène de telles organisations à cette époque, mais il donne à Unipax une envergure surprenante. Organisation paramilitaire dédiée à la prévention des guerres, Unipax véhicule les valeurs avant-gardistes de son époque, de l’adoption du système métrique à la diversité raciale, en passant par une égalité des sexes qui va de soi. Cependant, l’attachement au devoir des hommes et des femmes d’Unipax, même au prix de leurs vies, correspond plutôt à l’idéal de dévouement de la génération de Gagnon.

Ce troisième roman de la série illustre toutefois l’importance du choix de la cause à laquelle on donne le meilleur de soi-même. Les officiers de la Marine étatsunienne ne sont pas moins disciplinés que ceux d’Unipax, tandis qu’Ajax Andros et son assistante Hélène apparaissent comme les doubles vénaux de Servax et de son bras droit, l’Amérindienne RedArrow. Au dévouement humanitaire des seconds, les premiers substituent des motifs moins nobles, la recherche du gain et le goût du risque.

L’écriture, d’une concision toute militaire, est rehaussée de quelques touches de poésie, mais Ajax Andros est pratiquement le seul personnage à se démarquer d’une série de portraits d’hommes et de femmes guidés par leur sens du devoir. Si le triomphe d’Unipax demeure une sorte d’exercice obligé, l’intérêt du roman réside plutôt dans l’audace requise pour imaginer de bafouer un groupe naval complet – et de repêcher un trésor par plus de quatre mille mètres de profondeur. Même si le mérite littéraire du livre est mince, c’est cette audace qui fait du roman jeunesse de Gagnon un ouvrage marquant pour son époque. [JLT]

  • Source : La Décennie charnière (1960-1969), Alire, p. 92-93.

Références