À propos de cette édition

Langue
Français
Éditeur
Paulines
Titre et numéro de la série
Neubourg et Granverger - 2
Titre et numéro de la collection
Jeunesse-pop - 40
Genre
Science-fiction
Longueur
Novella
Format
Livre
Pagination
144
Lieu
Montréal
Année de parution
1980
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Nouvelle-France, 1647. Lors d’une expédition, Luc et Benoît, deux adolescents, découvrent une caverne près du village de Neubourg. Âgé de quinze ans, Luc, qui n’a reçu aucun enseignement scolaire, se dit qu’il aimerait que ses futurs enfants puissent aller à l’école. C’est lors de leur exploration de la caverne que les deux amis aperçoivent, un jour, un mystérieux navire appartenant au fils du sorcier Davard accoster à l’Anse-au-Breton. Ayant passé sa vie à piller des navires et des villages, le fils du sorcier, alors riche comme Crésus, décide de se rendre où son père s’était établi afin de profiter des années qu’il lui reste.
C’est après en avoir appris sur le sorcier fondateur de Neubourg que les deux adolescents s’embarquent pour une aventure qui les mènera jusqu’à Granverger, l’autre village fondé par le sorcier, où, à ce que l’on dit, le sorcier s’adonne toujours à des rites étranges et où des enfants disparaissent chaque été depuis trois ans. C’est à la suite de maintes péripéties que Luc et Benoît sont témoins d’une bataille entre l’armée de Granverger et les Abénaquis durant laquelle le sorcier Davard trouve la mort par décapitation au moyen de l’épée magique Arhapal. Sa mort met ainsi un terme à la menace qu’il faisait planer sur Neubourg et Granverger.

Autres parutions

Commentaires

Avec ses romans jeunesse, Daniel Sernine a développé deux univers distincts, mais rattachés par l’humanisme qui traverse chacune de ses œuvres. Alors qu’il s’attache à nous faire découvrir Érymède dans ses textes de science-fiction, Sernine choisit le fantastique pour le cycle de Neubourg et Granverger. Le Trésor du « Scorpion », deuxième roman jeunesse de l’auteur, pose d’ailleurs les bases de cet imposant cycle qui s’échelonne sur de nombreuses générations. Cette œuvre, dans laquelle le fantastique est plus suggéré que confirmé, nous présente les deux premières générations de la descendance Davard, qui possède une grande influence sur l’ensemble des événements du cycle élaboré par Sernine.
C’est aussi l’élément le plus intéressant de l’œuvre, ainsi que du cycle de Neubourg et Granverger : on s’intéresse ici à ce que nous lèguent nos ancêtres et à la façon dont cet héritage forge qui nous sommes et les choix que nous serons appelés à faire. On ne parle pas ici de destin, comme dans certaines œuvres de genre fantastique ou fantasy, mais bien de l’importance de l’histoire patrimoniale, un sujet riche et bien exploité avec le cycle de Neubourg et Granverger. L’auteur réussit par ailleurs à construire une aura de mystère autour du seigneur Davard, dont les actes de sorcellerie soupçonnés ne seront révélés qu’à la toute fin du roman.
Malgré tous ces points positifs, ce roman ne me semble toutefois pas sans failles. Les dialogues entre les deux adolescents (tout comme entre les adultes) manquent parfois de naturel, ce qui crée quelques ruptures de ton. Conférer aux personnages une parlure moins soignée, moins littéraire, aurait permis, selon moi, d’ajouter de la crédibilité à cette œuvre et aux dialogues. Par ailleurs, l’univers créé par Sernine est si vaste qu’on en devient parfois un peu confus : on a l’impression de manquer de renseignements, lesquels se trouvent en général dans d’autres œuvres jeunesse de l’auteur. En tant que lecteur, il nous manque donc des clés pour arriver à comprendre certaines parties de l’intrigue. Enfin, le roman contient quelques erreurs typographiques et grammaticales, sans parler de l’absence d’uniformité du mot canot, qui est écrit dans deux graphies différentes, parfois au sein d’un même paragraphe.
En l’état, nous avons droit à une œuvre au style fluide, quoiqu’un peu verbeux, aux péripéties divertissantes et à la finale satisfaisante. On sent cependant qu’il y aurait eu matière à développer davantage certains passages et à les peaufiner pour donner beaucoup plus de rythme. [MA]

Références

  • Lafrenière, Joseph, Vidéo-Presse, vol. 10, n˚ 8, p. 47.
  • Lamoureux, Michèle, Lurelu, vol. 4, n˚ 4, p. 9.
  • Laurin, Michel, Nos livres, mars 1981, p. 41.
  • Trudel, Jean-Louis, KWS 19, p. 21-24.