À propos de cette édition

Éditeur
Vents d'Ouest
Titre et numéro de la collection
Ado - 2
Genre
Science-fiction
Longueur
Nouvelle
Paru dans
La Maison douleur et autres histoires de peur
Pagination
83-95
Lieu
Hull
Année de parution
1996
Support
Papier

Résumé/Sommaire

Décrocheur, Jean-François occupe un petit emploi à l’Arcade pour lequel son patron le paie en parties gratuites. Champion toute catégorie, l’adolescent compte bien affronter la nouvelle machine, Last Konflict, malgré l’appel téléphonique du fabricant qui l’informe de ne laisser jouer personne. Un ex-employé mécontent aurait trafiqué les machines pour infliger des décharges électriques aux joueurs. Jean-François garde l’info pour lui et, à la fermeture, se laisse enfermer dans l’Arcade.

Il coiffe le casque et prend les commandes du vaisseau virtuel qui doit traverser le Système solaire face aux assauts d’un implacable ennemi. L’adolescent triomphe à chaque étape, et subit les décharges graduées dont on l’a prévenu. À l’ultime niveau, il lui porte le coup fatal. Cette nuit-là, le jeune se rend comme dans un rêve à la cabane qui est son deuxième chez-soi. Au moment où il se rend compte qu’il a gardé sur sa tête le casque de réalité virtuelle, il se retrouve devant l’Ennemi, hybride de chair et de métal.

Commentaires

En littérature jeunesse, Michel Lavoie est un prolifique auteur de romans psychologiques où l’adolescence, l’école et la société sont le théâtre de tous les (mélo)drames. Une sorte de Fabienne Larouche masculin, sans les millions (de téléspectateurs) que procure l’écriture télévisuelle. En 1996, sa bibliographie n’avait pas atteint l’épaisseur qu’allait lui permettre sa retraite de l’enseignement. « L’Ultime Niveau », rare incursion de Lavoie dans les genres de l’imaginaire, s’avère un ratage. L’auteur n’est pas plus à l’aise avec la SF qu’il ne l’est avec les jeux d’arcade, l’astronomie ou l’astronautique. D’où les « météores » qui sont en fait des astéroïdes, selon toute apparence. Entre autres perles, on relève « se poser sur Neptune » (p. 90), ou « Son vaisseau voguait allègrement vers Pluton. Le paysage était féerique » (p. 92).

Quant à l’intrigue, son dénouement tout comme son déroulement manquent de définition. Quel est en somme l’« ultime niveau » ? La décharge finale aura-t-elle plongé Jean-François dans un coma – ou même un trépas – où son esprit continuerait un affrontement désincarné ? L’Ennemi – quelle que soit sa nature – se serait-il emparé de sa conscience pour l’emprisonner dans l’arène d’un combat perpétuel ? Jean-François s’est-il retrouvé, à la manière du héros de Tron, physiquement transporté dans un univers virtuel ? Autant de choix possibles pour un lecteur allumé, ce qui en soi n’est pas un tort. Mais on peut deviner si l’auteur nous a amenés là habilement, délibérément, ou si l’on se retrouve sur ce rivage obscur parce que le pilote du récit ne savait pas trop où il allait…

Pour ma part, c’est la seconde hypothèse qui s’impose. [DS]

  • Source : L'ASFFQ 1996, Alire, p. 120.