À propos de cette édition

Éditeur
Stop
Genre
Science-fiction
Longueur
Nouvelle
Paru dans
Stop 117
Pagination
161-172
Lieu
Montréal
Année de parution
1990
Support
Papier

Résumé/Sommaire

En Angleterre, au lendemain d’une guerre indéterminée, dans un ancien amphithéâtre réaménagé en salle de tribunal, le comité juridique se réunit pour la troisième séance du procès d’Anita Jones, accusée du meurtre de son mari. Madame Jones proclame son innocence ; selon elle, Elena, sa jeune amante, l’aurait abandonnée pour M. Jones qu’elle a par la suite assassiné. Cette Elena ne figurant dans aucun registre officiel et Mme Jones la reconnaissant sur une photo d’elle-même plus jeune, le procureur Protov suggère qu’Elena ne serait en fait que la projection de l’esprit de Mme Jones qui souffre d’un dédoublement de personnalité.

Commentaires

Plusieurs ambiguïtés nuisent à la bonne compréhension de ce texte qui n’a de SF que le décor et quelques accessoires. Qu’on me comprenne bien : je ne considère pas l’ambiguïté comme un défaut en soi ; tout dépend du contexte. Ainsi, autant l’ambiguïté conférait un charme ensorceleur à des textes comme ceux de Claire Chouinard et Danielle Dussault (commentés ailleurs en ces pages), autant les flous dans la nouvelle de Sylvie Demers m’apparaissent comme des trous. Même après de nombreuses lectures, il m’a semblé que non seulement Demers ne nous donnait pas tous les éléments du puzzle mais qu’elle-même ne savait pas très bien à quoi ressemblait le tableau !

Que veut dire ce titre ? De quelle guerre s’agit-il ? Sommes-nous oui ou non dans le futur ? Alors, veut-on parler de la troisième guerre mondiale ? Si oui, quel lien avec l’histoire présentée ? Toutes ces questions demeurent sans réponses et le texte conclut sur une épilogue énigmatique : rendue suspicieuse par l’absence de dossiers sur Elena Kaminski, l’avocate de Mme Jones (curieusement appelée Sylvia Detmers) interroge l’ordinateur à son propre sujet et ne trouve aucun dossier la concernant – ce qui, selon elle, prouve que les fiches ont été falsifiées par le procureur Protov, mais ce dernier nie tout et suggère plutôt que Sylvia n’existe peut-être pas, après tout… Loin d’accentuer l’impression de mystère, cette dernière scène ne fait que confirmer la gratuité d’un texte dont l’auteure elle-même semble avoir perdu de vue le propos.

Bref, un texte plutôt décevant, d’autant plus décevant que Sylvie Demers, l’une des plus talentueuses nouvellistes de l’écurie Stop, nous a habitués à mieux. [SP]

  • Source : L'ASFFQ 1990, Le Passeur, p. 67.