À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Une femme en vient à développer intimité et compréhension à l’égard d’un tableau. Illusion d’optique si l’on varie l’angle de vue ou la distance qu’on maintient pour le contempler ? Capacité de la toile à faire naître des impressions différentes au gré de la sensibilité de chacun ? Le tableau semble se modifier. Une vieille dame évoque même des oiseaux maintenant disparus qui y auraient figuré. Peu importe que l’œuvre évolue vers le blanc, le bonheur de la contempler prévaut chez la femme.
Autres parutions
Commentaires
L’attrait de la littérature pour la peinture est tel que non seulement la toile est un motif à narration, mais que, sous le générique ut pictura poesis, l’on a débattu à satiété, depuis la Renaissance, des mérites et avantages de l’une par rapport à l’autre. Chacun a en mémoire Le Chef-d’œuvre inconnu de Balzac, ou les grosses machines que sont À rebours de Huysmans ou Le Portrait de Dorian Gray de Wilde, comme exemples des empiétements des deux langages dans la fiction fantastique.
On ne trouve pas l’art que dans les grands formats, mais aussi dans les esquisses. En une page, l’auteur se contente de montrer comment la fascination d’une femme pour une toile l’amène à considérer l’œuvre d’abord avec surprise, puis avec plaisir et jouissance. Les modifications qui paraissent l’affecter (une tache rouge qui jaunit, des lucarnes qui deviennent des oiseaux avant de disparaître, certain glissement de la représentation à ce qui pourrait être l’abstraction – Donald Alarie est trop habile pour affirmer, il se contente de suggérer –), tout cela rappelle que l’art est recréé par ceux qui s’y abandonnent (comme le sens d’un texte est le fait non seulement de celui qui l’écrit mais de ses lecteurs). Surtout, cette courte nouvelle nous rappelle que les œuvres d’art vivent. [GP]
