À propos de cette édition
Résumé/Sommaire
Le rêve spatial s’est envolé. Les survivants de la Terre doivent s’endurcir pour survivre dans ce monde hostile et se défendre contre les mutants et les dingos (des « hommes-fous aux yeux vides et au regard meurtrier »). Bil se rend dans un restaurant et y rencontre une femme fort attirante et désespérée. Elle souhaite partir de cette planète et Bil lui laisse miroiter qu’il peut l’aider. Huit jours plus tard, il revient la voir. Contre quatre-vingt-cinq mille crédits-parsecs – une fortune –, il va la conduire jusqu’à un vaisseau. Lorsqu’ils arrivent, elle ouvre le sas pour découvrir un charnier avant de devenir la cinquante-troisième victime de Bil.
Commentaires
Benoît Simard nous a habitués à des textes humoristiques. Ici, il travaille dans un tout autre registre. Tout est raconté à la première personne par Bil qui, dès les premières lignes, n’a rien de sympathique. L’auteur aurait gagné à développer davantage ses personnages, à montrer les traces physiques de la décrépitude de ce monde qui se meurt. N’empêche qu’il parvient en peu de mots à rendre le côté dur, crade, impitoyable de son univers.
Le principal problème, c’est que l’histoire est racontée plutôt que vécue. Cela donne des passages comme : « Deux dingos m’essaient, mais leur force conjuguée ne sait renverser la mienne ». On ne sent pas réellement la tension, les émotions. Le personnage de la fille qui veut partir de ce monde est bien fade. De plus, pour un texte qui repose beaucoup sur la chute finale, la fin est télégraphiée, ce qui désamorce l’élément de surprise.
Autre défaut : l’auteur a tendance à essayer de trop en faire. Cela donne des envolées presque poétiques par moment qui sonnent faux dans la narration. Au final, « Une autre » est un texte inégal et inabouti typique d’un jeune auteur. Pas mauvais, juste banal. [PLL]
