À propos de cette édition

Éditeur
Beauchemin & fils
Genre
Fantastique
Longueur
Nouvelle
Format
Extrait
Paru dans
Divers
Pagination
27-52
Lieu
Montréal
Année de parution
1893

Résumé/Sommaire

Le narrateur raconte une légende que lui contait sa mère : dans une pauvre chaumière de Normandie, un père se morfondait parce qu’il n’arrivait pas à nourrir correctement sa famille de six enfants. Lorsqu’une vieille femme vint cogner à sa porte et dit qu’elle avait faim, il lui donna quand même le dernier quignon de pain de la famille. Voyant qu’elle en redemandait, l’homme voulut aller chez son riche voisin, mais la vieille lui dit qu’il lui avait déjà refusé les miettes de sa table. Elle l’assura alors que l’autre serait bientôt plus mal nanti que lui et, au même moment on entendit un bruit d’ailes gigantesques. C’est l’ange ministre de la justice de Dieu qui fait sa ronde, reprit la vieille, et un immense éclair mit le feu à la maison du riche. Avant de disparaître, la vieille dit que la huche du paysan demeurera dorénavant toujours pleine si, lorsqu’il sera à son tour riche, il construit à la place de sa chaumière un asile pour soulager l’humanité souffrante

Commentaires

On retrouve cette courte légende dans « Femme de la tribu des Renards », un des trois textes inédits parus dans le recueil posthume de Philippe Aubert de Gaspé, Divers. Alors que le capitaine Jean-Baptiste Couillard de L’Épinay discute avec Katoué, le chef de la tribu abénaquise, il raconte l’histoire d’« Une pauvre chaumière » afin d’illustrer le fait que seul le pauvre, en raison de son grand dénuement, a le mérite de l’hospitalité.

Or, s’il s’agit effectivement d’une illustration de cette vertu, elle est plutôt primaire et assez naïve. Sans véritable originalité, cette légende normande – dont l’origine doit probablement se trouver au moyen âge – est excessivement moralisante. Par ailleurs, Philippe Aubert de Gaspé la fait raconter par Couillard – qui mentionne qu’il la tient de sa sainte mère – de façon bien impersonnelle. On est loin de la verve et de la couleur qu’Aubert de Gaspé prend plaisir à transmettre, par exemple, à travers « La Légende du père Laurent Caron ». [JPw]